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Tu vois, ce convoi

14 Janvier 2014, 14:01pm

Publié par Les poésies de Juliette

Québec, début janvier, quelques années plus tôt.
Le décalage horaire nous trouve é(mer)veillés, dans un sursaut, un peu hirsutes mais tout à fait alertes, avant les premières lueurs.
J'en profite pour les attendre, inlassablement, clignant de l’œil entre tous les reflets de, et autres jeux de miroir, écrans, vitres, carreaux. Ô chères fenêtres.
J'avais fait de ces quelques clichés l'inverse d'un temps fragile, une nourriture toute spirituelle, un objet de méditation. Et de médiation, entre le monde et moi-même. Quelques virtuels échanges, au goût enneigé, un lieu de rêves sans fin. Immobiles.
Mesurer, palper, à cet état brumeux mais euphorique de notre cerveau, à cette surdité de nos mains pourtant avides, à ce vent glacé dans nos narines qui perçoivent encore néanmoins toutes ces odeurs, ces saveurs inédites, que l'on est loin, pour de bon loin, que les kilomètres sont bien derrière nous, sans que nos corps n'en éprouvent toutefois la lassitude d'un vrai voyage.
Six heures pour plus de cinq mille kilomètres, voilà l'hérésie que les moyens de transport modernes imposent à nos esprits et à nos corps.
Éblouie, affamée, quelques chants de Noël en résonance, j'attendais suspendue que le temps veuille bien me lâcher. Et je n'avais pas peur, pas vraiment peur, de tomber.
Et cependant, j'avais ses yeux aimants en point de mire, et quelques outils vaguement malléables pour m'exprimer.

Tu vois, ce convoi
Tu vois, ce convoi
Tu vois, ce convoi
Tu vois, ce convoi

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