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Sa bouche

27 Mars 2013, 23:37pm

Publié par Les poésies de Juliette

Quand elle crie quand elle rit quand elle gémit quand elle sourit quand elle soupire quand elle tète quand elle fait claquer sa langue quand elle rouspète quand elle bourdonne quand elle chuinte quand elle chante et nous enchante quand elle crisse de ses sept dents quand elle gazouille quand elle chuchote quand elle vrombit quand elle a toutes ses fossettes quand elle mord quand elle grimace quand elle nous tire la langue quand elle est rossignol quand elle fait des bulles quand elle roule un air imaginaire quand elle nous dit tant de mots sans paroles quand elle sourit ah mais quand son rire résonne

Sa bouche

Dans la maison, juste après

25 Mars 2013, 17:14pm

Publié par Les poésies de Juliette

Manon regarde le mur, avec insistance. Profondément. Elle fixe un point innommable, indéfinissable, que nul autre ne voit.
Elle ne sait pas encore toute l’importance de cet instant. Elle ne sait pas qu’elle s’en souviendra toujours, peut-être.
Elle regarde infiniment, de toute sa capacité de concentration, ce léger creux dans le mur, ce défaut de la surface rugueuse, blanc cassé un peu jaunie. Le flot tumultueux de toutes ses pensées réunies vient se fracasser et se dissoudre sur ce détail du mur. Elle peut éviter ainsi de remonter parmi les hommes, de retrouver la possibilité de parler, d’analyser, d’affronter de face les idées qui l’assaillent.
Elle attend.

Les conversations vont bon train, quelle drôle de circonstance, pourtant ils parlent tous à la fois ; le vieux le premier a son bagout des grands jours, comme il ne le retrouvera pas de sitôt par la suite, mais pour l’heure il parle et rit et plaisante.
Ils doivent parler ainsi pour crever la bulle de silence, lourde, mélancolique, qu’ils ont laissé gonfler en eux, les jours précédents, toute la matinée surtout.
Comme s’ils avaient oublié ce qui les réunit, c’est simplement l’heure de l’apéritif ; quelque chose de familier.
Il faut bien que les hommes laissent aller un peu leurs nerfs, ce ne serait pas tenable.

Manon regarde toujours le mur. Elle est redevenue une enfant.
Plus tard, elle se demandera si effectivement, enfant, elle n’avait pas à plusieurs occasions fixé ainsi ce défaut du mur, dans le salon.
Puis elle regarde sa mère. Elle aimerait, en cet instant, être plus proche d’elle.
Elle aime quand on dit qu’elles se ressemblent, elle se concentre et reconnaît elle-même l’arcade sourcilière marquée, volontaire.
Elle cherche maintenant ce qui du visage de sa grand-mère se retrouve dans celui de sa mère, et dans ses propres traits. Cette identification l’apaise.
Elle se demande à quoi sa mère pense. Elle aussi semble attendre que tous, enfin, se taisent.

Dans la maison, juste après

Hommage en vers impairs - un autre

21 Mars 2013, 22:55pm

Publié par Les poésies de Juliette

Quand elle est entre ses bras immenses
La tête abandonnée sur sa manche
Ses yeux me disent vois-tu ma chance
Et toujours un peu elle se penche
Tendre comme au vent on se balance
Bercée comme l’oiseau sur sa branche
Tandis qu’inlassablement il danse
Et de sa démarche un peu traînante
Lui offre alors cette paix intense

Hommage en vers impairs - un autre

4 ans qu'il nous a quittés, s'en est allé, faire un tour, de l'autre côté...

14 Mars 2013, 18:41pm

Publié par Les poésies de Juliette

Il a dit l’heure c’est l’heure
Si seulement nos humeurs
se fondaient à la rigueur
Aucun talent mais un leurre
à compter les mots les heures
les pieds comme les couleurs
Voyez-vous à quelle hauteur
voler, en quelle demeure
S’y trouver à la bonne heure !
En quel endroit de vos cœurs
puiserons-nous la douceur
d’oublier hivers chaleurs
Écoutant chanter les heures
retrouver l’apiculteur
et lui laisser quelques fleurs
Marchent-elles en paix nos sœurs
Dominent-elles les Heures
à renoncer aux ardeurs
Est-ce que s’éteint la peur
en merveilleuses langueurs
Cheminant pendant des heures
lors sans nombre les longueurs
nos troubles seront rêveurs
vous passerez l’aiguilleur.

Quand la forme du cœur aquatique des tendres - arrondi - caresse, quand l’amour

11 Mars 2013, 12:51pm

Publié par Les poésies de Juliette

Quand les souris regardent la forme du cœur
l’apparente aise aquatique des tendres chères
que les forts s’arrondissent en caressant la mer
que l’écorce protège, quand le temps se perd
lettres aimées de lin et l’eau traverse l’amour

Quand la forme du cœur aquatique des tendres - arrondi - caresse, quand l’amour