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Os-saturés

12 Avril 2017, 18:32pm

Publié par Juliette Melany

Tu m'as épinglée
Relève la tête, que tu disais
Que tu disais
Passe passe passera
la dernière la dernière
Restera
ira ira pas
Rira bien qui rira
Mais ce n'sera pas moi
Pas toi
pose ta main tes doigts
Là juste là
Tu m'as osée désossée
Os-saturée dé-coupée
ça faisait rouge jaune rouge bleu
Mais éteins cette lumière
Ne me jette pas la pierre
Les dés déjà en étaient jetés
Avais-tu déjeuné ?
Qu'avais-tu projeté ?
Où irions-nous sinon là-bas
Pas bien plus loin
qu'ici-bas
Tu connaissais le chemin
Et moi j'avançais
Les yeux fermés
Tu m'as dit
Regarde encore
Il est là ils sont là
Tu m'as soudée soudoyée
Tu disais
ils ne nous feront pas payer
jamais jamais jamais
Et tu m'as épinglée
Affichée décrochée
J'avais appris toutes tes couleurs
Par coeur par coeur par coeur
ça faisait boum boum boum
Et j'entends encore le silence
De nos errances de nos erreurs
Tu disais ne bouge pas ne bouge plus
là tu es bien
Ah oui tu crois ?
Mais qui l'eut cru ?
là j'suis pas loin
Ah non tu crois ?
Moi je n'sais plus
Attrape ma main
viens sous mon toit
Relève la tête, que tu disais
Et si pour de vrai
On pouvait sur le bouton appuyer
Et le temps s'arrêterait ?

Os-saturés
Os-saturés

Une voix [Lorraine]

4 Avril 2017, 20:27pm

Publié par Juliette Melany

Nous marchions d’un pas égal. De temps à autre un crissement venait couvrir les échos de nos souffles, de notre respiration, pleine et vibrante, saturés que nous étions de fièvre, tout à l’excitation suscitée par notre projet fou, notre aventure sans nom.
Les herbes sous la lune étaient fluorescentes, de ce vert qui n’est plus que lumière, la sorcellerie était autour de nous.

Nous avons coupé à la première croisée des chemins, passé le petit pont, accéléré puis ralenti l’allure. Nous ne parlions pas puis nous avons échangé quelques mots. Parfois, le râle ou l’appel d’une bête nous rappelait que nous n’étions pas tout à fait seuls au monde.
Aux abords du lac, les frémissements sont devenus multiples, innombrables. La barque allait et venait imperceptiblement, contre le bois un clapotis furtif laissait imaginer que nous aurions à composer avec quelques ombres, au tableau de nos desseins.

Je me souviens de sa voix qui retombe, résonnant dans l’air comme un cri d’oiseau, claquant mes tempes comme le vent des jours gelés, de mon ventre qui s’est soulevé, est resté suspendu au niveau de mon cœur de longs instants, de mes mains brûlantes soudain : "Mais elle est amoureuse de toi, tu le sais, je veux dire tu le vois bien non. C’est écrit sur sa gueule."

Une voix [Lorraine]