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De tes bras souffler la colère du monde

8 Juin 2013, 22:17pm

Publié par Les poésies de Juliette

J'ai des envies de prose, en ce mois de juin. De fragments.

*

Tu as claqué une porte, puis deux, puis trois. Un peu plus fort chacune après l'autre.
Mais ça n'a rien changé. La colère était toujours dans tes veines.
Tu t'es dit que c'était de la violence, de cette même violence qui amènent certaines personnes à en frapper d'autres. Tu as détesté ce que tu étais, cette personne remplie de violence. Tu as pensé "monstre" puis tu as pensé encore que non, ce n'était pas monstrueux, mais que c'était "humain". C'était toujours aussi moche, tu te sentais toujours aussi moche, mais il devait y avoir un moyen d'aller au-delà, de remonter un fil pour défaire le nœud - ou les nœuds, car il n'y en avait sûrement pas qu'un - qui bloquaient quelque part, qui empêchaient la fluidité en toi. Qui empêchaient les rivières et les fleuves de couler, de circuler normalement, dans ton corps, dans ton cerveau.
Et un moyen aussi, de les défaire.
Alors la colère s'est atténuée, s'est assise dans un coin de ta tête.
Il y a eu des mots qui ont résonné au milieu de tes idées, des échos, comme un "mais toi tu penses quoi, tu dis rien ?", mais pas vraiment d'évidence. C'était trop facile, cela aurait été trop évident justement. A moins que.

Dans le gouffre de ton esprit, tu as mis plein de mots à la suite les uns des autres, ça en aurait fait, des lignes, si tu avais pu l'écrire - mais on pense toujours bien trop vite, pour pouvoir l'écrire - et c'était tout ce que tu avais sur le cœur, ou plutôt tout ce qui te venait, là tout de suite, dans le désordre, tout ce que tu aurais voulu lui dire, que tu allais lui dire, d'ailleurs, le plus tôt possible.
Et tu en avais mal aux tempes, ta tête en était bouillante, tes mains moites, de ce besoin, cette urgence, de le dire.

Plus tard, vous aviez parlé un peu. Tu avais dit - bien sûr - que c'était de ta faute.
Tu avais dit aussi d'autres choses, toutes sortes de choses, pas toutes celles auxquelles tu pensais un peu plus tôt, mais certaines tout de même.
Tu voulais y repenser encore. Tu aurais voulu savoir d'où venait la colère. Qui semble si incompréhensible quand elle est retombée. Qui ne devrait pas exister.
Puis, tu as pensé au café que tu allais préparer, que tu allais boire, à l'instant, cette vague étonnante s'est soulevée en toi, comme quand tu es ivre de joie.

De tes bras souffler la colère du monde

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.élodie 18/07/2013 18:08

De la colère au chagrin, de la tempête à la pluie bienfaitrice, il y a , oui, il y a les mots que l'on peut poser, un à un, à la manière des 1er pas, quand on part à la conquête de soi.....

Juliette 20/07/2013 01:07

... ou l'un des innombrables rôles des mots, pensés, dits, écrits !