Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quand les mots ne sont jamais les bons

29 Avril 2013, 17:55pm

Publié par Les poésies de Juliette

C’était il y a dix ans ; c’était hier, c’était avant-hier, c’était la semaine dernière.
Le temps, ce fou, ce flou, ce flottement.
C’était pas ta grand-mère, c’était pas mon grand-père.
Mais qu’importent les liens du sang quand il y a les liens du cœur.
On s’y attend pourtant, on pouvait s’y attendre.
Mais la nouvelle tombe toujours comme un coup, sourd.
L’esprit agite l’information, la secoue, mais sans secours.
On l’entend, mais on ne comprend pas ; ce qu’il y a derrière les mots est trop grand ou trop petit, pour être saisi.
Comme tu disais, comme je disais, on y pensait tout le temps, mais juste là, juste à l’instant où ça arrive, on n’était pas en train d’y penser.
Et puis d’un coup, on sait.
C’est étrange, et triste.
Ça rend nerveux, on se rappelle que le rire et les larmes peuvent se ressembler, s’intervertir. Comme l’inverse des grandes joies qui font pleurer.
C’est apaisant aussi, à cause de toute cette souffrance qui a cessé. Ce bizarre soulagement.
C’est aussi « dans l’ordre des choses ».
Et puis il y a cette chose, ou plutôt ce rien, ce vide, ce plein mais vide, inintelligible, insondable.
L’absence que l’on ne peut pas savoir encore, deviner à peine, dont on ne prendra la mesure que plus tard, si l’on peut dire tant elle restera toujours, incommensurable.
Le temps qu’il faut, le temps qui passe, le temps qu’il reste, et celui qui reste.

Commenter cet article