Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #vers de mere

En chemin

22 Mars 2017, 17:55pm

Publié par Juliette Melany

Vous savez, ceux qui parlent seul, à voix haute, dans la rue ; qui crient parfois. Ceux qui chantent à tue-tête, l’autre dans le bus, là, avec son casque sur les oreilles, qui nous retransmet ce qu’il aime si fort avec toutes ses tripes (c’était Johnny, presque à chaque fois, souvent toute la musique que j’aime, justement).

Des fous, comme on les appelle.

En chemin vers la crèche, avec mon aînée, pour aller chercher sa petite sœur. D’un coup, ça m’a frappée. On attend que le symbole piéton passe au vert, et elle crie "mais, arrêtez !" et fait de grands gestes, à l’adresse de ses chiens imaginaires.

Souvent aussi, elle chante, en sautant d’un pied sur l’autre, en pleine rue.

Elle court, dans tous les sens.

On ne la dit pas folle, elle. C’est juste une enfant ; ça fait sourire la plupart des gens, tendrement même souvent, quand ils la regardent.

Alors qu’est-ce donc, cette folie-là.

Devenir adulte, et entrer dans une certaine normalité, ce serait apprendre à cadenasser en soi, à l’intérieur, dans le silence, un certain nombre d’émotions ; le je(u) ça passe pour les enfants, pour les adultes il doit rester à l’intérieur – ou se limiter, à la rigueur, à certains contextes adaptés.

Pourquoi nous font-ils rire, ces fous ? Pourquoi nous font-ils parfois un peu peur ? A quoi nous renvoient-ils, caché quelque part en chacun de nous ?

*

Sur le chemin du retour, elle court, loin devant nous. La petite main de ma deuxième accrochée à mon index, je marche à petits pas, calée sur son rythme.

Et ma grande court, approche de la route ; et moi je sais qu’elle va s’arrêter, je le sais, je la connais. Il y a une pointe d’inquiétude en moi malgré tout, je me dis, et si prise dans ses rêveries, elle ne prêtait pas attention à ce qui l’entoure, et continuait à courir jusqu’au milieu des voitures ? Ou si une voiture quittait sa trajectoire ?

Je l’appelle, lui rappelle de nous attendre, lui dis que ça me fait un peu peur.

Elle s’arrête devant le passage piéton. Se retourne et me dit "je sais, maman ! je vous attends à la route !".

Nous traversons et elle repart précipitamment, nous attend au prochain passage. Je la vois au loin, qui se dandine à côté du feu tricolore, et les voitures ralentir, les conducteurs hésiter, visiblement surpris de voir une enfant seule, qui semble prête à traverser ; elle n’a que quatre ans après tout, on lui en donnerait peut-être cinq mais tout de même.

Je l’appelle, pour qu’elle se tourne dans ma direction, que les gens comprennent que non, elle n’est pas toute seule dans la rue. Et elle me crie "je sais, maman ! je n’ai pas peur ! je vous attends !".

Nous traversons une nouvelle fois, et elle repart de plus belle en  criant "je vous attends pour traverser !" et là il y a un angle, je ne la vois plus ; au rythme où avance ma petite, je vais passer plus d’une minute sans la voir. Alors, si un conducteur perdait le contrôle de son véhicule, que je puisse la voir n’y changerait rien. Mais si quelqu’un de mal intentionné passait à sa hauteur, que je ne puisse ni la voir, ni être vue, change quelque chose. Je lui crie "non, attends-nous ! je veux te voir !", et elle, revient sur ses pas et répète "mais je n’ai pas peur !".

C’est si frappant. Est-ce que je ne trouve pas cela formidable, en vérité, qu’elle n’ait pas peur, est-ce que vraiment, j’ai envie de lui apprendre à avoir peur... Elle sait déjà combien elle est vulnérable en face d’une voiture, elle connaît ce risque, elle sait comment l’éviter. Alors je lui dis simplement "je sais, c’est moi qui ai un peu peur, tu sais".

Et je presse un peu le pas, oblige ma cadette à accélérer un peu, pendant la minute et demie, qui me paraît en durer dix, où mon aînée est hors de mon champ de vision.

Ensuite, elle continue de gambader gaiement, vingt mètres, trente mètres devant nous ; heureuse, car elle connaît le chemin, elle sait qu’en tant que piétonne elle doit avancer sur le trottoir, elle sait où s’arrêter, où m’attendre pour traverser, elle saurait vraisemblablement même traverser seule ; elle est dans son monde, dans ses pensées, dans ses histoires, et tout à la fois au monde, consciente quand il le faut de l’environnement extérieur, il me faut lui faire confiance ; oui elle est, heureuse, elle n’a "pas peur, maman".

En chemin
En chemin

Presque 3 semaines plus tard - finalement laissé inachevé, ce texte - mes mots pour ton premier anniversaire

2 Novembre 2015, 23:01pm

Publié par Les poésies de Juliette

les feuilles sont devenues un peu plus jaunes chaque jour
l’air a pris ce goût de froid électrique le matin
et quand furtivement la lumière a viré au bleu-gris un peu plus tôt le soir
dans mon ventre un écho a résonné par intermittences
comme un grondement sourd et à peine perceptible
le chavirement de mon cœur en reconnaissant la saison qui t’appela
oh mon éclat de chaleur dans le froid nouveau
mon fragment de lumière à la pointe du jour plus tardive
ma petite bulle de douceur au milieu des cris de la ville des cris de la vie
ma petite peau rouge aux yeux bridés entre mes mains étonnées
ta petite frimousse toute douce entre les feuilles d’or et de sang
sous un ciel hésitant et moqueur l’évidence de ta présence contre mon sein
portant entre nous pour toujours les heures suspendues
la surprise la puissance un torrent la nuit le jour la nuit du silence des heures de silence des soupirs longs rauques et fous des vocalises de grave en aigu quand ta voix a pris le relais de la mienne ta peau caramel chaude si chaude et douce si douce ta peau ton sommeil ta respiration ample et sereine ta légèreté mon bébé minuscule mon bébé boule de tendresse mon bébé bulle de secrets oh tout ce que de toi j’ignorais
mon bébé bé-bé-bé-bé ton initiale te va si bien tes joues abricot pêche rose lait miel une pointe de sel ta bouche une fleur une feuille du bonheur

et vos mains vos mains vos deux mains demain hier aujourd’hui tous les jours mes amours
et ce sentiment aussitôt d’être devenus enfin soudainement pleinement et merveilleusement une famille un peu plus grande tout juste cette évidence

Presque 3 semaines plus tard - finalement laissé inachevé, ce texte - mes mots pour ton premier anniversaire

Leurs mains qui se tiennent

22 Juin 2015, 23:07pm

Publié par Les poésies de Juliette

Leurs mains qui se tiennent
Dans la joie les maintiennent

C’est la première chose que tu as faite quand tu as rencontré ta petite sœur : tu as attrapé sa main.
Tu l’as attrapée et tu ne l’as plus lâchée.
Parfois tu la serres un peu trop fort, ou encore tu la secoues, tires un peu dessus.
Tu y colles ta bouche, ton nez, ton front.
Tu l’observes toujours sous tous les angles, de tous les côtés, et tu t’émerveilles de la voir grandir peu à peu ; et de la voir gagner en habileté peu à peu, tu n’arrives pas bien à démêler les sentiments que cela suscite en toi : il arrive que ses nouveaux pouvoirs t’inquiètent ou te chiffonnent, mais les promesses d’innombrables partages et d’infinis possibles qui se dessinent en filigrane te réjouissent et l’emportent.
Un jour tu lui as dit en prenant ses mains dans les tiennes « donne, donne-moi tes petites manounettes ».
Je crois bien que c’est un de tes premiers mots inventés. Une sorte de néologisme, un clin d’œil à ma propension à ajouter -ette à la fin de tous les mots (j’ai toujours eu tendance à faire des augmentatifs en guise de diminutifs).

Toi, tout d’abord, tu t’es contentée de dormir, paisible. Les doigts pris entre ceux de ta grande sœur.
Puis tu t’es mise à la regarder, intensément, chaque fois qu’elle venait auprès de toi, et que sa main attrapait la tienne.
Un peu après, tu as commencé à t’agiter, à danser, à trépigner dans ces moments-là, à sourire et à rire...
Parfois tu ne la laisses plus dénouer son étreinte, tu l’agrippes à ton tour.
Ou bien tu te débats un peu, quand tu n’es pas d’accord, que tu as bien envie de faire autre chose de tes mains que de les laisser aller à sa guise.
A présent quand sa main passe à portée de la tienne, te voilà qui tends le bras autant que tu le peux, pour l’attraper !
Et les mains de ta sœur jouent ainsi une grande part dans tes découvertes sensorielles.
Expériences tactiles en premier lieu, mais également olfactives, gustatives, auditives, visuelles...
Tu n’en finis pas d’ailleurs, de regarder ses mains, de les regarder saisir, tourner, manipuler... Et déjà les tiennes les imitent.
Un jour je vous regarderai sûrement marcher toutes les deux, main dans la main.

Et mon cœur suit les oscillations des ondes de deux mains
Et vos mains qui s’accrochent dansent sans fin sous mes paupières

Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennent

Somme attique

10 Juin 2015, 15:30pm

Publié par Les poésies de Juliette

La fenêtre est un écran de soleil
Derrière lequel s’agitent quelques ombres légères
Branches qui se balancent au vent doucement
Les draps sur la moitié du lit sont couverts de lumière
Et juste à côté forment un écrin où tendrement
Mon enfant est endormie
Et mes yeux enchantés absorbent son image
Toute en harmonie blonde et ronde
Et mon sang s’écoule plus calmement
Au rythme de sa respiration pleine et profonde
Et s’émerveille ma main que toujours retient
La sienne petite douce et tiède
Et je contemple tour à tour ainsi
Ses joues par l’étreinte rosies
Son front doré et serein
Entre mes lèvres et sous mon nez s’attardent encore
La moiteur un peu piquante vaguement salée
Cueillie dans ses cheveux
Et cet extraordinaire effluve de lait sucré
Apporté par son souffle
Quand mes narines ont effleuré la fraîcheur de sa joue
La peau caramel que je viens d’embrasser
Elle a cette moue inimitable
Cet air repu qui suit la tétée
Sa bouche charnue très légèrement pincée
Comme si elle retenait encore un peu de ce moment
Le goût la sensation de nos deux corps
Réunis pour la nourrir l’apaiser l’aimer
Et je devine sous ses paupières fermées à un fil près
L’éclat de ses yeux petits océans ondoyant sous d’autres cieux
Peignant des songes que je lui souhaite doux et tendres
Je pourrais m’endormir je vacille à la lisière du sommeil
Mon esprit bourdonne un peu
Mais cependant encore je veille
Sur elle et sur cet instant plus fort qu’aucun rêve
Mon bébé lumière, or blanc, mon bébé douceur, mon amour

Somme attique

Si moi je ris de joie

14 Avril 2015, 23:44pm

Publié par Les poésies de Juliette

Un jour, mon enfant a six mois.
La vague d’amour est devenue bourrasque de soleil, qui m’envahit, emplit mon corps de plénitude, tout est brûlant, brillant.
Tout a un peu plus de sens.
Les cœurs à l’unisson, dans la maison, s’échangent d’infinis romans dans le silence.
Il y a des perles, des pierres, de l’eau, des éclats et des reflets multicolores autour de chaque geste.
Ah, les gestes, mes bras, les siens, une évidence.
Les rires résonnent profondément, longtemps, partout autour de nous.
Tout tinte et chante.
C’était l’hiver, c’est le printemps, ce pourrait être l’automne.
En vrai il fait si chaud que l’on croirait l’été. La liberté.
Tout est un peu sucré, un peu salé, un peu tendre, affamés que nous sommes.
Plus que jamais, nous savourons la fusion. Elle est devenue consciente, n’est pas encore émoussée.

Je revois le front de ma première née, je n’en reviens pas de celui de ma deuxième.
Et toutes ces étoiles. Accrochées à leurs yeux, à leurs doigts, nos mains.

Si moi je ris de joieSi moi je ris de joie
Si moi je ris de joieSi moi je ris de joie

Dans leurs yeux

3 Avril 2015, 23:50pm

Publié par Les poésies de Juliette

Dans ses yeux il y a la forêt la terre des feuilles la terre
Dans la forme un angle un accent quelque chose de ceux de son père
Un chemin au milieu des herbes folles un peu d’or un peu de vert
Et sous un ciel passionné mouvementé les reflets de la mer

Dans ceux de sa sœur sous le soleil soudain les reflets de la mer
Un ruisseau qui file entre les pierres un peu de bleu un peu de verre
Dans le fond une étincelle un éclat quelque chose d'un mystère
Et encore le ciel de l’eau un oiseau de l’eau de la lumière

Dans leurs yeuxDans leurs yeux

Et un jour, dix jours

9 Mars 2014, 16:16pm

Publié par Les poésies de Juliette

Et un jour soudain un jour
On est un beau jour
Et elle, elle a dix jours
Et aussi extraordinaire que cela soit
On est là, avec elle, simplement on est là
Au-dehors, et on marche, on va, et puis on s’assoit
Et la Terre ne s’est pas arrêtée de tourner
Et presque rien n’a changé
De notre miracle personne autour rien ne sait
Et on le dit, qu’elle a dix jours, et les gens sourient
Et ils sourient, ils rient même, et on sourit aussi
C’est juste la vie, évidemment, la vie

Et on est ce jour-là, on est le matin, le midi, le soir
Il fait jour, il fait nuit, ah ! le jour, la nuit, il est tôt, il est tard
Et même si au milieu des heures c’est le bazar
Encore on mange, on dort, on sort
Et on cligne, comme on cligne des yeux au-dehors
Car partout l’on croit voir de l’or
C’est l’été, mais ce pourrait aussi bien être une autre saison
Et aussi fondue que soit notre raison
Tout autour chantent et odorent les horizons

Et pourtant encore on respire, on parle, on pleure, on rit
On répète les mêmes mots, ébahis
Et puis on se tait, et soudain on frémit, sourit
On n’a qu’une fois vingt ans
On ne vit qu’une fois chaque instant
Chaque seconde est unique, évidemment
Mais pourtant, quand on est ce jour, ce beau jour
Où cela est fou elle n’a que dix jours
C’est un vertige, c’est un frisson, c’est, de l’amour

Et un jour, dix jours

Musement park

20 Décembre 2013, 21:55pm

Publié par Les poésies de Juliette

Il y avait dans son poing fermé un marron
Il y avait son enfance, un peu essoufflée mais qui s’accrochait
Encore, têtue, à la lisière de ses onze ans fraîchement sonnés
Il y avait celle de ma fille, à peine éclose, les yeux ronds, fascinée
Et la mienne, loin là-bas mais dont l’écho résonnait bien fort jusqu’à nous, en fait
Il y avait son regard à elle qui pétillait et interrogeait
Le sien à lui qui pétillait tout autant, effronté, fanfaron
Et dans le mien leur doux reflet, un peu de buée
Il faisait le plus de cabrioles qu’il pouvait, tuait
L’ennui à grands coups de paroles, de coups de pieds
Elle alignait de petits pas d’un côté de l’autre, riait
Elle absorbait toute la vie autour de tous ses yeux, bouche mi-close, captivée
Et dans ma main la sienne s’agrippait, me lâchait, me rattrapait
Il y eut quelques silences, parce que nous n’étions pas
Tout à fait du même monde, et pas soumis aux mêmes lois
Il y eut des mots quand même, des mots surtout, des mots oubliés
Ils disaient la joie, les jeux, la fierté, l’étrangeté, un moment partagé
Il y eut quelques cris, amusés surtout, des rires aussi
Il y eut leurs mains, le temps d’un jeu, d’un pari, unies.

La semaine d’après nous étions revenues mais il n’était pas là
Et deux presque gamines sur le banc attendaient, l’air las.

Musement park

Deux ans plus tard

23 Novembre 2013, 12:47pm

Publié par Les poésies de Juliette

Deux ans plus tard
Des nerfs d’humaine
Un peu plus tard
L’énergumène

Est-ce un hasard
Du sang d’humain
Ce fait bizarre
Entre mes mains

Mais hier soir
Et ce matin
Sont pleins d’espoir
Tout doux demain

En plein automne

8 Novembre 2013, 16:41pm

Publié par Les poésies de Juliette

Drôle de saison
La nuit monte soudain de la terre
Et nous enveloppe
Mais ça n'est pas du coton
Elle a ce goût de pluie un peu marine mais
Version des villes
Cet écho de froid qui annonce les longues soirées
Et les tendres veillées
Il y a ce sentiment de l'avoir traversé tant de fois
Ce chemin d'automne qui mène au doux soleil bleu de janvier
Il y a aussi ce vague à l'âme parce quand même l'été
C'était bien
Et puis même s'il revient toujours, celui-là précisément ne reviendra pas
Et puis l'on se souvient
Pour rien
Que tous les moments on les porte en soi
Et puis soudain
Il y a cette lumière
Qui déchire mon décor
Un instant j'avais regardé ailleurs
Mais elle est là
Mon enfant, mon sourire, mon soleil
Qui donne à novembre tout aussi bien
La magie des premiers jours de juin
Mon silence et ma musique, mon repos et mon éveil
La couleur de mes jours, de la vie ma faim,
La chaleur des lumières, ma merveille
L'éclat des corps des sons les parfums

*

Dans quelques jours il y aura un an que je traîne par ici
Et beaucoup de silence pour boucler cette année
J'écris ailleurs, et les mots me manquent pour cet espace
Ni vraiment privé ni vraiment public
Mais quelques traces quelques mots
Et je sais qu'encore il vit
Je n'ai jamais trop su vendre ma poésie
Mais je pense surtout ne jamais l'avoir voulu, vraiment
A tout prendre
Si un peu l'un ou l'autre me lit
Voilà qui me suffit
Oui c'est tout ce qu'il me faut
Et tout ce je sais faire
Savoir ce que chacun préfère

*

Quand je pense que bientôt tu
Parleras parleras parleras
Et moi qui assiste aux prémices de tout ça

En plein automne

Histoire d'air

18 Août 2013, 23:35pm

Publié par Les poésies de Juliette

Vous êtes mon inspiration
mais est-ce moi qui respire
ou bien suis-je inspirée
par vous
qui est-ce qui me possède
peut-être suis-je libre comme l’air
mais l’air de quoi je ne sais pas
car si parfois je n’en manque pas
il arrive que mon souffle soit court

mais il y a vos sourires
et tous nos souvenirs
la vie qui court
vos bras qui m’entourent
et puis autant de tours
que nous enchaînons sur les manèges
dites-moi est-ce possible ou bien rêvai-je
le silence et le vent font de ces sortilèges
ce bonheur-là c’est bien vous sur ma joue

Histoire d'air

19 juillet 2013, sur la route

21 Juillet 2013, 09:00am

Publié par Les poésies de Juliette

19 juillet 2013, sur la route

Les blés sont couchés
A moins qu'il ne s'agisse d'orge
A moins qu'il ne s'agisse d'or, je ne sais plus rien sauf qu'il s'agit de toi
Je ne sais plus rien sauf que toute ma vie s'agite autour de toi

Les blés sont couchés
Il y a un an je n'étais pas dehors pour les voir
Tu étais le trésor entre mes bras
Il y a un an tu étais déjà là
Je veux dire déjà dehors
Déjà en-dehors de moi
Et nous étions dedans toi et moi
Tandis qu'au-dehors s'agitaient et se couchaient les blés
Sous la caresse du vent
Loin de nos yeux

Depuis dedans nous avions vue sur le parking
Par où il arrivait, toujours revenait nous voir
Le matin, l'après-midi, le soir
A toute heure, embrasser le bonheur
Il ne nous apportait guère d'échos du dehors
Il préférait s'enfermer, se fondre à nous au-dedans
Notre homme toujours en mouvement, soudain si différent
Nous avions vue aussi sur quelques arbres
Et sur la cathédrale au loin
Il y avait du soleil partout, sur la ville et dans nos cœurs, de l'or

Tu étais dehors mais encore un peu dedans
Accrochée à mon sein tout le temps
Tout contre moi toujours
Toi et moi dedans dehors tout le temps de l'or
Les blés sont couchés et mon cœur fait les mêmes vagues que leurs épis
Et dans le flou ce sont tes cheveux sous mes yeux

Je reviens dans la ville où tu es née
Je reviens avec toi, puis sans toi
Mais tu es partout, où que tu sois
Et il y a cette crampe, cette nausée en moi
Quand il m'est impossible de sentir ta peau sous mes lèvres, sous mes doigts

Les blés sont couchés
Et je me souviens d'il y a un an
Et de quelques jours avant
Où déjà nous nous perdions au milieu des blés
Entre quelques champs
Ton père et moi chantant
Nous enchantant
En t'attendant

Les blés sont couchés
Et je me demande si chaque année
Je revivrai ainsi ta naissance dans chacun de leurs reflets

19 juillet 2013, sur la route

Cette évidence

11 Juin 2013, 00:12am

Publié par Les poésies de Juliette

Tu me disais on n'aurait jamais pu l'imaginer, on essayait, peut-être un peu parfois, mais c'était abstrait, nous ne pouvions pas la voir.
Et puis elle est née, tellement évidente.

Et elle change, son visage change.
Et c'est pourtant, étonnamment, incroyablement, indubitablement, toujours - et plus que jamais, chaque jour qui passe - elle.

Elle, notre enfant, que nous reconnaissons. Comme si nous l'avions toujours connue.

Cette évidence

Tu

14 Mai 2013, 23:41pm

Publié par Les poésies de Juliette

tu as un chagrin coincé dans la gorge bestiole qui t’empêche de parler
pourtant ce serait bien machine si tu sortais de ce désert de mots couverts
c’est de l’empathie du cœur à corps mais tu sais bien qu’elle va bien tu le vois bien
tu voudrais être sûre sans armure que tu sauras toujours la protéger
tu trouveras un puits et à grands seaux d’eau salée tu finiras par digérer
tu ne veux pas oublier mais tu ne veux pas avoir peur d’un reflet de ton ombre

Tu

Sa bouche

27 Mars 2013, 23:37pm

Publié par Les poésies de Juliette

Quand elle crie quand elle rit quand elle gémit quand elle sourit quand elle soupire quand elle tète quand elle fait claquer sa langue quand elle rouspète quand elle bourdonne quand elle chuinte quand elle chante et nous enchante quand elle crisse de ses sept dents quand elle gazouille quand elle chuchote quand elle vrombit quand elle a toutes ses fossettes quand elle mord quand elle grimace quand elle nous tire la langue quand elle est rossignol quand elle fait des bulles quand elle roule un air imaginaire quand elle nous dit tant de mots sans paroles quand elle sourit ah mais quand son rire résonne

Sa bouche

Hommage en vers impairs - un autre

21 Mars 2013, 22:55pm

Publié par Les poésies de Juliette

Quand elle est entre ses bras immenses
La tête abandonnée sur sa manche
Ses yeux me disent vois-tu ma chance
Et toujours un peu elle se penche
Tendre comme au vent on se balance
Bercée comme l’oiseau sur sa branche
Tandis qu’inlassablement il danse
Et de sa démarche un peu traînante
Lui offre alors cette paix intense

Hommage en vers impairs - un autre

Quand la forme du cœur aquatique des tendres - arrondi - caresse, quand l’amour

11 Mars 2013, 12:51pm

Publié par Les poésies de Juliette

Quand les souris regardent la forme du cœur
l’apparente aise aquatique des tendres chères
que les forts s’arrondissent en caressant la mer
que l’écorce protège, quand le temps se perd
lettres aimées de lin et l’eau traverse l’amour

Quand la forme du cœur aquatique des tendres - arrondi - caresse, quand l’amour

Hier, deux mains

27 Février 2013, 18:11pm

Publié par Les poésies de Juliette

Au milieu des éclats de voix un fragment de silence
Au milieu des corps animés un geste suspendu
Au milieu des teintes vives la douceur de la peau
C’était dans l’ambiance rieuse et dans l’agitation
La main soudain, large noueuse et brunie, qui s’élance
Et attrape l’autre main, blanche petite et tendue
Qui s’accroche alors et du mouvement retient le flot :
Pont merveilleux jeté entre quatre générations.

Hier, deux mains

Lieu premier

11 Février 2013, 10:40am

Publié par Les poésies de Juliette

Ici il y a elle et moi, et lui qui veille sur nous tout bas
ici
elle compte, doigts en éventail levé l’un après l’autre
elle pense, index sur la joue
elle retourne au combat
et hausse un sourcil
comme elle s’enflamme
contre ma peau
elle manifeste, refait le monde
elle est taureau
petit tigre
elle est caresse
parfois violence
poing serré ou main abandonnée
elle boit et mange
et dort
elle s’attrape l’oreille, se passe la main derrière la tête
elle se couvre le front la tempe
elle passe quelques appels
en équilibre, au bout du fil
sans le savoir
elle déclame, grand mouvement de son petit bras
elle rit et gronde parfois
elle respire fort
elle sourit, souris ma souris
elle s’accroche
elle me dit des mots des histoires
romances sans paroles
elle attrape observe
ma bouche mon nez mes mains les siennes mon menton le sien
je te tiens tu me tiens
elle ratisse petite menotte en pince
elle me chatouille me gratouille
elle me coiffe me recoiffe
elle se tord les mains
elle s’enivre
elle brode des contes en dentelle
elle guérit aussi
et prolonge entre nous
la correspondance de la chair
elle ondule volute du poignet de la main
elle dessine rêve nous agite
elle me calme
une pause
elle me regarde
le regarde lui aussi
le temps n’existe plus
elle grandit
ici
c’est aussi
son premier nid

Lieu premier

Le pouvoir d'un sonnet

24 Janvier 2013, 22:04pm

Publié par Les poésies de Juliette

Un sonnet pour la faire rire ; et pour lui dire
N’importe quoi, et voir à ses joues des fossettes :
En quelques jeux de mots, ma souris de sourire ;
Pour oublier le temps, inventer des sornettes.

Un sonnet pour calmer ses peurs, le jour la nuit :
C’est un peu de magie, pour ses larmes tarir,
Qui ferait pousser les fleurs, et tomber la pluie ;
Pour conjurer le sort, nous protéger du pire.

Un sonnet c’est dingue, pour sonner les matines,
Réveiller le meunier, et dans un lit de bois
Faire boire ensemble tous les chevaux du roi.

Un sonnet pour croquer quelques pieds ; elle, fine
Et sereine, sait déjà qu’elle peut compter,
Sur moi, pour un sonnet ou deux, lui proposer.