Et donc
Et donc, tu es partie toi aussi
Qui me dira le nom de ce que tu as emporté
Tu avais souhaité ces mots-là
Si vous m’aimez ne pleurez pas
J’aurais aimé pourtant si tu savais
Comme j’aurais aimé ne pas respecter cet ordre-là
Comment s’incarne ce qui reste
Il n’y a rien pour le dire
Ici je ne suis pas orpheline non plus
Pas encore
Et j’aligne nos lignes
Je les relis, je connaissais tes intonations
Par cœur
Et il me manque tant de pages
Egarées au fil des années
Je retiens ce qui faisait des lumières dans tes yeux
Ce qui faisait s’envoler mes rêves d’enfant
L’éternité dans ta voix aux dernières heures du jour
Et les vieux contes, un beau prétexte
Tu auras bercé trois générations
Tout ce que je peux écrire est bien trop banal
Dire avant trop tard
Sauver les secondes, et nos tempêtes s’en confondent
Non personne ne savait, n’a su
Cette couverture que tant de fois sur moi
Tu as relevée, du propre, du figuré
Ce que je ne t’aurais pas dit, anyway
Non, pas plus en anglais
Et ce poids sur les épaules, le passé à laisser
Nécessaire c’est de l’écume
Et je voulais, je devais, avancer
Evidemment, on ne revient pas en arrière
Evidemment évidemment évidemment
Et moi vide est-ce que je mens
Ou est-ce que je ne fais que ce que je peux
Toi, c’est vrai, tu m’admirais
Toute cette sincérité
Et tout ce qui l’enrobe, nous la dérobe
La vie, ta mort
Tu aurais aimé cette fleur
Cette discrétion
Lambeaux de famille
Toute cette terre
Et l’eau qui rigole
Ta voix
Que je n’entendrai plus