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Articles avec #essais

Pensées décousues raccomodées [Complément de lieu]

24 Septembre 2013, 20:55pm

Publié par Les poésies de Juliette

Retrouver le temps des mots.

J'arrive à lire toujours un peu ceux qui s'écrivent, ici et là.
Mais écrire...

Maintenant que le clavier a remplacé la plume, et l'écran la feuille, l'on dit "taper" un texte, des mots, des touches, les "frapper". Pourquoi cette violence ?
De quoi se venge-t-on ?

Et puis d'où vient-elle, la violence ?
La plus démesurée, comme la plus anodine, celle des autres, celle d'un groupe, celle d'un seul, et la sienne propre ?
Faut-il l'avoir reçue pour la transmettre ? Est-on coupable ?
Comment s'en débarrasse-t-on ? Qu'en fait-on ?

Et la douceur ?
La si belle, si grande, la formidable douceur. L'invincible.

Il me faut savoir, l'imprimer en mon cerveau, que les conventions, les codes sociaux ne sont que balivernes, inventions. Si différents ici, et ailleurs.
Appartenir au monde, être au monde. Mais lequel ?

Me souvenir, quand cela semble long, que quand elle dort enfin je ne sais plus ce que je voulais faire, déjà.
Quand il dort, quand vous dormez, je n'ai plus jamais sommeil, et je ne sais plus pourquoi, comment.
Quand je ferme les yeux, quand j'y repense, le temps passe si vite, tu le sais bien.

Bien sûr, il manque toujours un peu.

Déménager... encore, toujours. Le temps des meubles, le temps des corps, celui des cœurs, celui des décors.

Où suis-je ?

Et il y a bien plus de 7 ans, bientôt 8, je le disais déjà :

La chambre résonne d’un écho déroutant
Et tant de voilages tendus de part en part
Dans l’immobilité ont suspendu le temps
Et ces malles closes qui parlent de départ

Sont comme autant de cartons ensevelissant
Les vestiges des agitations de nos cœurs
Et ces meubles couverts de linceuls inquiétants
Me condamnent étrangère en ma propre demeure

Et si ces mains-là qui écrivent passionnées
Ne m’appartenaient pas, et si ce que je vois
N’était qu’illusion de mon esprit abusé

Si tous mes mots n’étaient plus miens, dépossédée
Je serais, même en mon corps : où ailleurs qu’en soi
Tentons-nous malgré nous de nous dissimuler ?

Pensées décousues raccomodées [Complément de lieu]

Penser avec toi aux mots de Breton, dire cette humeur-là

11 Mai 2013, 22:13pm

Publié par Les poésies de Juliette

Je suis prisonnière d'une goutte d'eau
Et en attendant que le vase déborde
Sans fin j'entends des cris d'oiseaux discordants
Et en boucle je vois défiler des films
Qui parlent d'horreur d'honneur de corps de cœur
Et d'amour enfin, d'amour si lourd, précieux

Quand choiront les armes couleront les larmes
Comme tombe la pluie ruisselle le lait
S'ouvre une fleur se lève et tourne le vent
Éclate une bulle, de rire un enfant

Penser avec toi aux mots de Breton, dire cette humeur-là

Dans ma maison

8 Avril 2013, 23:05pm

Publié par Les poésies de Juliette

Je rends à César : même si ce que je propose ici n'est pas exactement dans l'esprit de l'inventaire à la Prévert composé par Marjoliemaman, suivie par un grand nombre de blogueuses... c'est bien de là que les mots me sont venus.

*

Dans ma maison,

Il y a quelques années maintenant

Que ce ne sont jamais les mêmes murs
Certains étaient fleuris passés vieillis
Qui deviendraient plus tard bois blanc bleu gris
D’autres furent blancs, mais pas si souvent
Certains jaunes, oranges, et certains trop blancs
D’autres très doux, roux, comme des fruits mûrs

Que ce n’est jamais le même plafond
Là une ampoule nue, là des lampions
Là des poutres apparentes, là du blanc
Là trois mètres de hauteur oui vraiment

Que ce n’est jamais la même maison
Que je suis toujours entre deux cartons
Sans ancrage toujours en mouvement
Parfois jusqu’à traverser l’océan

Parfois quelques vieux meubles nous suivaient
Parfois d’autres devenaient familiers

Jamais le même toit témoin de nos embardées
Jamais la même vue par nos regards embrassée
Jamais les mêmes angles par nos ombres épousés

Dans ma maison,

Il y a quelques années maintenant

Qu’il y a lui
Toujours présent

Et il y a quelques mois maintenant

Qu’il y a elle
Toujours présente

Bientôt à nouveau nous repartirons
Je sais qu’un jour nous nous installerons
J’y pense mais j’attends tranquillement
J’ai appris à partir sereinement

Car je sais que ma maison
C’est toujours là où ils sont

Ebauche pour une tragédie

2 Février 2013, 22:30pm

Publié par Les poésies de Juliette

Il la voit. Elle est belle. Elle est grande. Elle rit aux éclats. Elle est belle.

Elle lui sourit. Ils partent ensemble. Elle l’aime ! Ils s’aiment.

Il rentre chez lui. Il court. Il rêve. Il la voit. La revoit. Elle est belle. Elle danse, elle joue.
Il marche. Il écrit. Il crée. Il crève. Il sort. Il rentre. Il l’aime. Il sort. Il boit.
Elle danse encore. Là-bas. Elle sourit. Il rit. Elle danse. Lui crée. Il est un créateur.
Il sort. Il boit. Il a peur. Il a froid.
Elle danse pour eux. Il boit. Il a mal.
Elle s’échappe. Il la perd. Pourtant il crée. Il rêve. Il crève. La bulle de douleur. Il la crève.