Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #images et elements

Dé-corps

28 Janvier 2017, 21:46pm

Publié par Juliette Melany

Ce serait simplement des corps
Les mien sien tien qui nous retient
Ce serait changer de décor
Dans quel sens qu'est-ce qui nous tient

Ce serait conjuguer les torts
Revenir à dire mais rien
Tiens prends ces mains si tu les tords
Reviens-nous comme si de rien

Ce serait parler du printemps
Du poids de sa peau sur la tienne
Des points qu'après l'été partant
Ses plaies ont marqués sur les tiennes

Ce serait retourner avant
Que les chimères ne s'en viennent
La sphère dont viennent les vents
Faisant qu'alors il t'en souvienne

 

Dé-corps

Un songe (se devrait-on inquiéter d'un songe ?)

15 Février 2014, 21:03pm

Publié par Les poésies de Juliette

Le vent sifflait au carreau, roulait contre lui
Et l’on aurait dit quelqu’un, soufflant, gémissant
Il y avait encor des brumes de la nuit
Accrochées à mes tempes où frémissait le sang

J’entendais cette voix comme un écho lointain
Elle répétait sans cesse les mêmes mots
Et tous mes laborieux efforts demeuraient vains
Pour en saisir le sens, en démêler l’écho

Alors j’abandonnai, renonçai à savoir
Pourquoi l’on s’était ainsi adressé à moi
En vérité j’y devinais comme un espoir

Il suffirait de se souvenir de la joie
D’accepter la tempête et dans mon songe entendre
Une invitation au réel de nos cœurs tendres

Un songe (se devrait-on inquiéter d'un songe ?)

En plein automne

8 Novembre 2013, 16:41pm

Publié par Les poésies de Juliette

Drôle de saison
La nuit monte soudain de la terre
Et nous enveloppe
Mais ça n'est pas du coton
Elle a ce goût de pluie un peu marine mais
Version des villes
Cet écho de froid qui annonce les longues soirées
Et les tendres veillées
Il y a ce sentiment de l'avoir traversé tant de fois
Ce chemin d'automne qui mène au doux soleil bleu de janvier
Il y a aussi ce vague à l'âme parce quand même l'été
C'était bien
Et puis même s'il revient toujours, celui-là précisément ne reviendra pas
Et puis l'on se souvient
Pour rien
Que tous les moments on les porte en soi
Et puis soudain
Il y a cette lumière
Qui déchire mon décor
Un instant j'avais regardé ailleurs
Mais elle est là
Mon enfant, mon sourire, mon soleil
Qui donne à novembre tout aussi bien
La magie des premiers jours de juin
Mon silence et ma musique, mon repos et mon éveil
La couleur de mes jours, de la vie ma faim,
La chaleur des lumières, ma merveille
L'éclat des corps des sons les parfums

*

Dans quelques jours il y aura un an que je traîne par ici
Et beaucoup de silence pour boucler cette année
J'écris ailleurs, et les mots me manquent pour cet espace
Ni vraiment privé ni vraiment public
Mais quelques traces quelques mots
Et je sais qu'encore il vit
Je n'ai jamais trop su vendre ma poésie
Mais je pense surtout ne jamais l'avoir voulu, vraiment
A tout prendre
Si un peu l'un ou l'autre me lit
Voilà qui me suffit
Oui c'est tout ce qu'il me faut
Et tout ce je sais faire
Savoir ce que chacun préfère

*

Quand je pense que bientôt tu
Parleras parleras parleras
Et moi qui assiste aux prémices de tout ça

En plein automne

Ce goût-là

20 Mai 2013, 20:04pm

Publié par Les poésies de Juliette

sous la mousse blanche de l’or
parfois décliné jusqu’au soir
parfois osant des reflets noirs
ou couleur des fruits que l’on mord

d’autres troublées couleur de paille
ou flammes rousses qui émèchent
les yeux fous sous les brunes mèches
nos cuivres étincelants défaillent

musique enfin nos dents orchestres
en sourires qui s’accumulent
à espérer les fines bulles
rejouant la danse des astres

j’attendrai l’heure à fond de cale
et bouche sèche au petit jour
escaladant les fûts cœur lourd
de joie nous hisserons les voiles

Ce goût-là

Penser avec toi aux mots de Breton, dire cette humeur-là

11 Mai 2013, 22:13pm

Publié par Les poésies de Juliette

Je suis prisonnière d'une goutte d'eau
Et en attendant que le vase déborde
Sans fin j'entends des cris d'oiseaux discordants
Et en boucle je vois défiler des films
Qui parlent d'horreur d'honneur de corps de cœur
Et d'amour enfin, d'amour si lourd, précieux

Quand choiront les armes couleront les larmes
Comme tombe la pluie ruisselle le lait
S'ouvre une fleur se lève et tourne le vent
Éclate une bulle, de rire un enfant

Penser avec toi aux mots de Breton, dire cette humeur-là

6 mai 2013

6 Mai 2013, 20:29pm

Publié par Les poésies de Juliette

Traverser le miroir
S'en remettre au hasard
Préparez vos mouchoirs

Invoquer Saint-Lazare
Ne plus compter les soirs

Arpenter tant de gares
Incarner tant d'espoirs

Attention au départ
Je voudrais bien t'y voir

Croire au premier regard

Couper en deux la poire

Choisir la même part

Ô début de l'histoire !

Les yeux fermés

21 Avril 2013, 23:19pm

Publié par Les poésies de Juliette

Je ferme les yeux et j’imagine
le goût acide et sucré des fruits
qui laissent les lèvres un peu rougies
la chair au parfum tiède et fondant
de ceux qui laissent les doigts collants
des galets l’écho roulant du rire
quand la mer lentement se retire
l’odeur de l’herbe juste coupée
entêtante or aussitôt séchée
les pins leurs aiguilles éparpillées
qui piquent un peu la plante des pieds
les brassées de bruyère au milieu
des bois qui font sourire les yeux
les coulées d’air frais qui battent aux tempes
au petit matin rosée qui trempe
les oiseaux leurs chants de toutes parts
bien avant les cigales du soir
qui en crissant bercent doucement
aux effluves violettes du vent
l’écho des voix du verre qui tinte
l’enivrante moiteur des étreintes
la touffeur d’après-midis ardents
âcre vapeur bitume brûlant
l’étonnant et bourdonnant silence
parmi les arbres au feuillage dense
le soleil qui sur l’eau étincelle
ah éclats d’été qui ensorcellent

Les yeux fermés

Te dire - comment le dire ?

11 Avril 2013, 14:45pm

Publié par Les poésies de Juliette

Tête en l'air de rien à voir venir de loin s'en faut pas rêver les yeux ouverts à demi-mot
Je te dirai
tout ce que je ne dis pas assez bien assez fort
non, assez doucement
te dirai plus, toujours plus
plutôt que d'aligner les pattes de mouche
quand il est trop tard mieux vaut que jamais dire jamais je ne boirai fontaine m'en allant promener sa main de l'autre côté d'une ville à l'autre alter ego ergo sum ergoter Mais qu'est-ce que je voulais dire déjà ?
Tiens-moi la main tu l'auras mais l'a déjà : qu'est-ce qui vaut mieux ? qui est l'ennemi du bien ? bien ou mal s'en donner à cœur joie t'en donner mon cœur encore de la joie malgré tout ce qui brille de mille feux
effacer non pas, raturer
mais te demander pardon non pas à genoux, mais je, nous
nous ne serons pas plus forts de ce qui ne nous a pas tués
Donner dans la douceur
Nul besoin de faire dans la dentelle
Juste te dire à l'oreille
doucement
Je ne sais plus pourquoi déjà ce n'est pas ce que je voulais dire à mots couverts vers la mer à boire de cette eau-là
j'arrête les expressions à la rien du tout qui vaille de bon à prendre si j'osais je dirais que parler n'est pas toujours
si l'on arrivait à ne dire que l'essentiel le meilleur à saisir cueillir le jour la nuit noire et blanche quelques étoiles
la lune résonne les mots se noient mettre les voiles mais pas sans toi pas sans vous
souvenez-vous
mais c'est du présent c'est la vie c'est
la nôtre

Te dire - comment le dire ?

Lourd ou léger ?

2 Avril 2013, 16:29pm

Publié par Les poésies de Juliette

Depuis le pont nous découvrons dans les sillons de l’eau l’or
à nul autre pareil versé par le soleil : reflets l’air
de rien dont les rondeurs et volutes dessinent là l’art
d’une belle histoire que j’aimerais à ma jolie lire.

Lourd ou léger ?

Quand la forme du cœur aquatique des tendres - arrondi - caresse, quand l’amour

11 Mars 2013, 12:51pm

Publié par Les poésies de Juliette

Quand les souris regardent la forme du cœur
l’apparente aise aquatique des tendres chères
que les forts s’arrondissent en caressant la mer
que l’écorce protège, quand le temps se perd
lettres aimées de lin et l’eau traverse l’amour

Quand la forme du cœur aquatique des tendres - arrondi - caresse, quand l’amour

Hier, deux mains

27 Février 2013, 18:11pm

Publié par Les poésies de Juliette

Au milieu des éclats de voix un fragment de silence
Au milieu des corps animés un geste suspendu
Au milieu des teintes vives la douceur de la peau
C’était dans l’ambiance rieuse et dans l’agitation
La main soudain, large noueuse et brunie, qui s’élance
Et attrape l’autre main, blanche petite et tendue
Qui s’accroche alors et du mouvement retient le flot :
Pont merveilleux jeté entre quatre générations.

Hier, deux mains

Considérations d'un instant polychrome

22 Février 2013, 16:34pm

Publié par Les poésies de Juliette

Les chats nous enseignent la patience.
Les mères endeuillées, le courage.

Une poignée de secondes peut peser plus lourd que tout le reste d'une vie, contenir le plus grand malheur, comme le plus grand bonheur.
Mais on ne peut jamais refermer la main dessus, cependant.

Le pouvoir de l'odorat entre la mère et l'enfant.
Ce vertige, ce basculement de la mémoire induit par l'odeur de sa mère.

Ce qui nous attache dans les maisons. Ce qui nous appelle au-dehors.

Un jour agaçant ; l'aimer quand même. Saisir le présent, essayer, toujours. Etre reconnaissant.

Le matin

17 Janvier 2013, 15:35pm

Publié par Les poésies de Juliette

Le matin elle fait l’étoile de mer
la mer étale le soleil sur les draps
les draps où nichée elle attend la lumière
lumière elle se cacherait sous son bras

son bras reste ouvert pourtant elle grimace
grimace éternue et sourit ma souris
sourit de son air doux contemple l’espace
l’espace et comme chaque fois elle rit

elle rit son visage s’étoffe alors
alors que l’émoussait le sommeil jaloux
jaloux à son tour agit le soleil d’or
d’or de rose et de tendresse le renfloue

Le matin

Eau

12 Janvier 2013, 19:15pm

Publié par Les poésies de Juliette

Eau
Eau

Nager

13 Décembre 2012, 11:57am

Publié par Les poésies de Juliette

Bleu vert lumière
Froide douceur
Fluide chaleur
Agitée fière
Ou immobile
Echo aphone
Des cris de faune
Oubli des villes

Nager

Ciel d'automne

4 Décembre 2012, 18:41pm

Publié par Les poésies de Juliette

Le pain a pris l’eau
et sur mon manteau
tracé c’est si beau
un croissant de lune
comme à la craie brune
va, mon incrédule
Mais quand je rentrai
je vis le reflet
sur le gris bitume,
déchirée la brume,
le noir cotonneux,
du bleu lumineux

Ciel d'automne