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Leurs mains qui se tiennent

22 Juin 2015, 23:07pm

Publié par Les poésies de Juliette

Leurs mains qui se tiennent
Dans la joie les maintiennent

C’est la première chose que tu as faite quand tu as rencontré ta petite sœur : tu as attrapé sa main.
Tu l’as attrapée et tu ne l’as plus lâchée.
Parfois tu la serres un peu trop fort, ou encore tu la secoues, tires un peu dessus.
Tu y colles ta bouche, ton nez, ton front.
Tu l’observes toujours sous tous les angles, de tous les côtés, et tu t’émerveilles de la voir grandir peu à peu ; et de la voir gagner en habileté peu à peu, tu n’arrives pas bien à démêler les sentiments que cela suscite en toi : il arrive que ses nouveaux pouvoirs t’inquiètent ou te chiffonnent, mais les promesses d’innombrables partages et d’infinis possibles qui se dessinent en filigrane te réjouissent et l’emportent.
Un jour tu lui as dit en prenant ses mains dans les tiennes « donne, donne-moi tes petites manounettes ».
Je crois bien que c’est un de tes premiers mots inventés. Une sorte de néologisme, un clin d’œil à ma propension à ajouter -ette à la fin de tous les mots (j’ai toujours eu tendance à faire des augmentatifs en guise de diminutifs).

Toi, tout d’abord, tu t’es contentée de dormir, paisible. Les doigts pris entre ceux de ta grande sœur.
Puis tu t’es mise à la regarder, intensément, chaque fois qu’elle venait auprès de toi, et que sa main attrapait la tienne.
Un peu après, tu as commencé à t’agiter, à danser, à trépigner dans ces moments-là, à sourire et à rire...
Parfois tu ne la laisses plus dénouer son étreinte, tu l’agrippes à ton tour.
Ou bien tu te débats un peu, quand tu n’es pas d’accord, que tu as bien envie de faire autre chose de tes mains que de les laisser aller à sa guise.
A présent quand sa main passe à portée de la tienne, te voilà qui tends le bras autant que tu le peux, pour l’attraper !
Et les mains de ta sœur jouent ainsi une grande part dans tes découvertes sensorielles.
Expériences tactiles en premier lieu, mais également olfactives, gustatives, auditives, visuelles...
Tu n’en finis pas d’ailleurs, de regarder ses mains, de les regarder saisir, tourner, manipuler... Et déjà les tiennes les imitent.
Un jour je vous regarderai sûrement marcher toutes les deux, main dans la main.

Et mon cœur suit les oscillations des ondes de deux mains
Et vos mains qui s’accrochent dansent sans fin sous mes paupières

Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennentLeurs mains qui se tiennent
Leurs mains qui se tiennent

Somme attique

10 Juin 2015, 15:30pm

Publié par Les poésies de Juliette

La fenêtre est un écran de soleil
Derrière lequel s’agitent quelques ombres légères
Branches qui se balancent au vent doucement
Les draps sur la moitié du lit sont couverts de lumière
Et juste à côté forment un écrin où tendrement
Mon enfant est endormie
Et mes yeux enchantés absorbent son image
Toute en harmonie blonde et ronde
Et mon sang s’écoule plus calmement
Au rythme de sa respiration pleine et profonde
Et s’émerveille ma main que toujours retient
La sienne petite douce et tiède
Et je contemple tour à tour ainsi
Ses joues par l’étreinte rosies
Son front doré et serein
Entre mes lèvres et sous mon nez s’attardent encore
La moiteur un peu piquante vaguement salée
Cueillie dans ses cheveux
Et cet extraordinaire effluve de lait sucré
Apporté par son souffle
Quand mes narines ont effleuré la fraîcheur de sa joue
La peau caramel que je viens d’embrasser
Elle a cette moue inimitable
Cet air repu qui suit la tétée
Sa bouche charnue très légèrement pincée
Comme si elle retenait encore un peu de ce moment
Le goût la sensation de nos deux corps
Réunis pour la nourrir l’apaiser l’aimer
Et je devine sous ses paupières fermées à un fil près
L’éclat de ses yeux petits océans ondoyant sous d’autres cieux
Peignant des songes que je lui souhaite doux et tendres
Je pourrais m’endormir je vacille à la lisière du sommeil
Mon esprit bourdonne un peu
Mais cependant encore je veille
Sur elle et sur cet instant plus fort qu’aucun rêve
Mon bébé lumière, or blanc, mon bébé douceur, mon amour

Somme attique