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Articles avec #hommages

(En)quête

13 Janvier 2017, 23:34pm

Publié par Juliette Melany

J’ai ouvert cette boîte à chaussures, depuis le temps que je n’arrivais pas à le faire, puisque là maintenant, j’avais une raison de le faire, c’était tout de suite, c’était maintenant, c’était maintenant qu’il venait de mourir.
Il fallait que je cherche.
De toute façon j’avais perdu le sommeil à nouveau, impossible de faire s’arrêter les turbines sous la peau de mon front, de plus en plus crispée, à chaque fois, au fur et à mesure que s’égrènent les heures, et les tourments. Oh et puis quand je le retrouve, ce n’est pas mieux, je ne ferais plus que ça alors, dormir tout le temps. Tant qu’à faire, je préfère tenter d’étirer le temps.
Et je me suis resservi un verre.
Il fallait que je cherche, c’était impérieux, une trace de quelque chose, que je mène une enquête, pour comprendre, être sûre que vraiment il n’y avait rien à regretter ; savoir comment, pourquoi, comment il était possible que je n’aie à ce point pas de deuil à faire.
Il y a un peu moins de quatre ans, quand c’était son grand-père à lui, ça m’avait plus fait quelque chose. Ou plutôt ça m’avait plus attristée. Normal, quoi. Là ça me faisait quelque chose, mais pas de la tristesse. Comme une importante perturbation, s’il fallait vraiment trouver une formulation.
Dans le fond je sais bien pourquoi. Il n’y avait pas de lien, pas de relation, qu’aurais-je bien pu pleurer ?
Mais tout de même, c’était le père de mon père.
Et j’ai grandi dans un environnement qui a imprimé en moi que c’est important, ce lien-là de parenté, que je ne devrais pas pouvoir y être indifférente aujourd’hui.
J’ai cherché, et je n’ai pas trouvé. Rien de plus que ce que je savais déjà ; trois fois rien, les cartes d’anniversaire, chaque année, toujours la même rengaine. Et puis ces deux ou trois lettres, qui demandaient tout de même, tentaient de faire surgir l’étincelle de l’échange.
Bien sûr, elles sont émouvantes, maladroites, et donc encore plus émouvantes. Les lettres, les mots écrits, ça fait toujours ça, ça remue à l’intérieur, à cause du message, universel ; l’amour, la joie, le chagrin...
On se dit « j’aurais reçu une lettre comme ça, moi ça m’aurait fait quelque chose, j’aurais répondu, ça aurait changé la donne » ; et en vrai ça m’avait fait quelque chose, j’avais répondu, tenté de poursuivre le dialogue, j’y étais allée même.
Mais quand les sentiments n’y sont pas, qu’ils n’existent pas, que la relation n’existe pas, on ne l’invente pas. Les mots écrits, ce ne sont que des mots.
Je l’ai expérimenté à maintes reprises, dans les deux sens. Les lettres d’amour ou de détresse, ça fait monter les larmes ou se tordre le ventre de ceux qui les lisent, mais ça ne fait pas naître un vrai amour ni une vraie détresse, dans le cœur de celui qui ne les ressent pas.
C’est tout, c’est comme ça. Je n’y étais pour rien.
Évidemment, je suis tombée sur autre chose, dans cette boîte à chaussures. Sur ce que je tenais à distance depuis tout ce temps. Sur des témoins de vrais sentiments pour le coup. Paf paf ça faisait caisse de résonance, il y a tant de lettres que je n’ai même pas rouvertes, la mention de l’expéditeur au dos de l’enveloppe, ou juste l’écriture qui avait tracé mon nom, et l’adresse, celle-ci, ou celle-là ! c’était suffisant déjà, pour faire remonter les souvenirs par bourrasques.
Je me suis rendu compte aussi, que l’on s’écrivait, à quel point l’on s’écrivait, oh comme on s’écrivait oui, des lettres, des cartes, tout ce papier, il n’y a pas si longtemps que ça, mais j’avais oublié. La famille, des amis, des amours, des rencontres, en vacances, en voyage, on ne s’était parfois échangé qu’une lettre, et parfois on avait correspondu des mois, des années durant, des personnes si proches, et d’autres connues si peu de temps étrangement, c’était fou, tous ces courriers, aujourd’hui se donne-t-on encore son adresse quand on se rencontre ou quand on se quitte, pour un temps, quelques temps, plus longtemps ?

(En)quête

Quand les mots ne sont jamais les bons

29 Avril 2013, 17:55pm

Publié par Les poésies de Juliette

C’était il y a dix ans ; c’était hier, c’était avant-hier, c’était la semaine dernière.
Le temps, ce fou, ce flou, ce flottement.
C’était pas ta grand-mère, c’était pas mon grand-père.
Mais qu’importent les liens du sang quand il y a les liens du cœur.
On s’y attend pourtant, on pouvait s’y attendre.
Mais la nouvelle tombe toujours comme un coup, sourd.
L’esprit agite l’information, la secoue, mais sans secours.
On l’entend, mais on ne comprend pas ; ce qu’il y a derrière les mots est trop grand ou trop petit, pour être saisi.
Comme tu disais, comme je disais, on y pensait tout le temps, mais juste là, juste à l’instant où ça arrive, on n’était pas en train d’y penser.
Et puis d’un coup, on sait.
C’est étrange, et triste.
Ça rend nerveux, on se rappelle que le rire et les larmes peuvent se ressembler, s’intervertir. Comme l’inverse des grandes joies qui font pleurer.
C’est apaisant aussi, à cause de toute cette souffrance qui a cessé. Ce bizarre soulagement.
C’est aussi « dans l’ordre des choses ».
Et puis il y a cette chose, ou plutôt ce rien, ce vide, ce plein mais vide, inintelligible, insondable.
L’absence que l’on ne peut pas savoir encore, deviner à peine, dont on ne prendra la mesure que plus tard, si l’on peut dire tant elle restera toujours, incommensurable.
Le temps qu’il faut, le temps qui passe, le temps qu’il reste, et celui qui reste.

Hommage en vers impairs - un autre

21 Mars 2013, 22:55pm

Publié par Les poésies de Juliette

Quand elle est entre ses bras immenses
La tête abandonnée sur sa manche
Ses yeux me disent vois-tu ma chance
Et toujours un peu elle se penche
Tendre comme au vent on se balance
Bercée comme l’oiseau sur sa branche
Tandis qu’inlassablement il danse
Et de sa démarche un peu traînante
Lui offre alors cette paix intense

Hommage en vers impairs - un autre

4 ans qu'il nous a quittés, s'en est allé, faire un tour, de l'autre côté...

14 Mars 2013, 18:41pm

Publié par Les poésies de Juliette

Il a dit l’heure c’est l’heure
Si seulement nos humeurs
se fondaient à la rigueur
Aucun talent mais un leurre
à compter les mots les heures
les pieds comme les couleurs
Voyez-vous à quelle hauteur
voler, en quelle demeure
S’y trouver à la bonne heure !
En quel endroit de vos cœurs
puiserons-nous la douceur
d’oublier hivers chaleurs
Écoutant chanter les heures
retrouver l’apiculteur
et lui laisser quelques fleurs
Marchent-elles en paix nos sœurs
Dominent-elles les Heures
à renoncer aux ardeurs
Est-ce que s’éteint la peur
en merveilleuses langueurs
Cheminant pendant des heures
lors sans nombre les longueurs
nos troubles seront rêveurs
vous passerez l’aiguilleur.

Hommage en vers impairs

28 Janvier 2013, 13:39pm

Publié par Les poésies de Juliette

La fée verte leur faisaient faire des vers
Elle soufflait les vers, ils sifflaient les verres
Ils se les versaient pour avaler l’amer
Quitter la terre, renverser père et mère
Traverser l’enfer et passer dans l’envers
Du décor des fêtes où l’on parlait en vers
Et contre tous ils versifiaient la vertu
Des rêves des voix chères qui se sont tues
Ils déversaient leur fièvre, croisaient le fer
Fleuraient le fiel trop fiers de défier un frère
Mais Terra Mater livrait aux mêmes vers
Les frêles corps friables comme le verre

Hommage en vers impairs

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2 Décembre 2012, 23:05pm

Publié par Les poésies de Juliette

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