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Articles avec #projet vis-a-vis

Mes théâtres

9 Avril 2014, 16:55pm

Publié par Les poésies de Juliette

C'était juste un hasard, un merveilleux hasard.
Le linge qui séchait, et mes éternels jeux d'entre-reflets.

J'avais tout préparé pourtant, mais voilà ce "tout"-là a attendu, plus de deux mois, c'est étonnant comme parfois c'est justement, ou plutôt comme toujours, oui c'est toujours autrement que ce que l'on avait pu prévoir, préparer, imaginer. La vie.
Elle nous échappe toujours, nous glisse entre les doigts.

Il y a de ces coïncidences, pourtant, parfois !

Evidemment, le temps s'est suspendu, tout en devenant paradoxalement plus lourd, et moi j'ai laissé le silence filer toutes mes métaphores, tout bas. Et le cœur aux cimes, tout à la fois.

Comment pourrait-on en perdre, du temps ; en gagne-t-on, parfois ?

J'avais gratté tout le vernis, partout. Et il restait ça, quelque chose de simple, un instant fragile, une intervention non programmée.

Plus tard, elle avait été témoin, par une porte entrebâillée, de cette mise en abyme, sans scène. Et elle avait simplement dit, qu'il y avait là quelque chose de la "tragédie".
Ce mot ; tout ne serait donc qu'une vaste pièce de théâtre ?
Mais alors, si vaste...

J'étais heureuse, très heureuse, je crois, je commençais d'un coup à l'être, à sortir d'une vague torpeur, retour à la réalité ou retour au rêve je ne saurais dire mais j'étais donc là, pleine d'une attente sans nom, bouillante, pleine d'un projet immense, enfin ; en gestation, sur le point d'éclore, j'allais enfin lui donner libre cours, cette place, une place, la mienne, ma nouvelle place pour un temps.
Et les mots voleraient... et ce serait juste le goût de la liberté.
Pour irréelle qu'elle soit, elle en a un, de goût, et un sacré goût, qui laisse à jamais sur les lèvres son empreinte, et dans la mémoire son écho enfiévré.

Oui, d'ici peu, une porte allait s'ouvrir.

Et c'est fou, comme tous ces mots-là, veulent à la fois tout et rien dire ; quelqu'un comprendrait-il quelque chose ?
Et comme pourtant, en tant de temps, ils ont la possibilité de résonner et de dire tout juste le présent. Exactement le présent, plusieurs présents, mais toujours les mêmes mots, pour dire une chose et une autre, et encore une autre... selon le sens que nous leur donnerions.

Au milieu du flou, de l'inanimé, de l'imaginaire, ton apparition ; brusque, vivante, claire.

Mes théâtres
Mes théâtres
Mes théâtres
Mes théâtres
Mes théâtres

Deux livres est-ce vrai

28 Janvier 2014, 15:48pm

Publié par Les poésies de Juliette

Ça faisait trois petits points, deux-trois, deux ou trois, deux trois quatre, et puis se multiplient, et puis s'en vont, et planent, encore, et encore, et encore.
Des petits points au milieu de mes rêves, comme des points d'ancrage, hors de ma cage, comme de l'encrage mais à l'encre d'or, ou alors, comme les mots noirs, noir sur blanc, petits papiers, que je me colle parfois, au milieu du visage, pas sage.
Comme quand je bois, quand tu bois, dans ce pays-là, ce pays à l'odeur incroyable de bois.
C'était juste ça. Là-bas. Où la lune en plein jour témoignait parfois de notre gueule de bois.
Là-bas plus que jamais je savais distinguer derrière les chapeaux des éléphants mangés par des boas.
Et je m'accrochais aux fenêtres, celles qui nous apaisent, tu sais, oui, non, peut-être pas mais je le sais pour toi alors si je te le dis tu me crois. Mais puisque je te le dis, crois-moi.
Et par ces espaces entrebâillés, il y avait des lettres, et des croix.
Croix de bois, croix de fer ici-bas, tout bas. Mais elles n'étaient pas dans ce sens-là.
C'étaient plutôt des x, encore des lettres - et toi tu me parlais de l'être - mais elles étaient peut-être bien en fer, ne pas s'en faire, l'enfer, n'existe pas.
Sur fond de blanc, et de lumière, et qui mieux que la neige réunit ces deux éléments-là ?
Elle m'en disait des choses, et d'autres choses, elle me faisait des clins d’œil en petites taches jaunes, lumières, chimères, des réverbères.
Et le ciel bleu soudain. Toujours.

Ma prison était toute mentale, c'est dire si jamais je n'ai été aussi libre.
Il restait ces grilles au-dehors, mais aujourd'hui je fais mieux encore, je les tords, et c'est un assez doux je dois dire corps à corps.

Et qu'en ferais-je, de plus, de mieux, de plus grand, de plus fort... si ce n'est nos rêves, nos essais, cette sève, les laisser, qu'ils se multiplient... ?
Et cela même, aussi, les jours de pluie ?
Puisque je t'aime, aussi...

Deux livres est-ce vrai
Deux livres est-ce vrai
Deux livres est-ce vrai
Deux livres est-ce vrai
Deux livres est-ce vrai
Deux livres est-ce vrai
Deux livres est-ce vrai
Deux livres est-ce vrai
Deux livres est-ce vrai
Deux livres est-ce vrai
Deux livres est-ce vrai
Deux livres est-ce vrai

Tu vois, ce convoi

14 Janvier 2014, 14:01pm

Publié par Les poésies de Juliette

Québec, début janvier, quelques années plus tôt.
Le décalage horaire nous trouve é(mer)veillés, dans un sursaut, un peu hirsutes mais tout à fait alertes, avant les premières lueurs.
J'en profite pour les attendre, inlassablement, clignant de l’œil entre tous les reflets de, et autres jeux de miroir, écrans, vitres, carreaux. Ô chères fenêtres.
J'avais fait de ces quelques clichés l'inverse d'un temps fragile, une nourriture toute spirituelle, un objet de méditation. Et de médiation, entre le monde et moi-même. Quelques virtuels échanges, au goût enneigé, un lieu de rêves sans fin. Immobiles.
Mesurer, palper, à cet état brumeux mais euphorique de notre cerveau, à cette surdité de nos mains pourtant avides, à ce vent glacé dans nos narines qui perçoivent encore néanmoins toutes ces odeurs, ces saveurs inédites, que l'on est loin, pour de bon loin, que les kilomètres sont bien derrière nous, sans que nos corps n'en éprouvent toutefois la lassitude d'un vrai voyage.
Six heures pour plus de cinq mille kilomètres, voilà l'hérésie que les moyens de transport modernes imposent à nos esprits et à nos corps.
Éblouie, affamée, quelques chants de Noël en résonance, j'attendais suspendue que le temps veuille bien me lâcher. Et je n'avais pas peur, pas vraiment peur, de tomber.
Et cependant, j'avais ses yeux aimants en point de mire, et quelques outils vaguement malléables pour m'exprimer.

Tu vois, ce convoi
Tu vois, ce convoi
Tu vois, ce convoi
Tu vois, ce convoi