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6 mai, cimaises, punaise, foutaises

6 Mai 2018, 21:51pm

Publié par Juliette Melany

Ça fait toujours de haut en bas
Du cœur au ventre
Tous les fragments d'histoire
Et ça finit par terre
Tous les châteaux
De cartes, ou de sable
Et moi je reste
Forteresse hantée

Je revois le soleil
De ce jour-là
Le même qu'aujourd'hui
Le même à chaque fois
Qu'un peu plus fort
Qu'un peu plus tendre
Mon sang s'écoule
Et mon cœur bat

Et ces saisons
Tous ces anniversaires
Mais déraison
Nos paroles de travers
Et ces maisons
Leurs portes leur enfer
Et les prisons
Soi serait l'adversaire

Confluents de larmes
Qui ne roulent pas, non toujours pas
Toujours une bouffée d'oxygène
Qui me revient
Et tête haute je vais
Tête en l'air, je sais
Mais qui me retient
Qui je retiens, à qui tient quoi

Comme les cordons, de mes
Première née, deuxième née
Retenir, relâcher
Avancer... viendrez-vous
« Sachez que tout, ne tient qu'à vous »
Et quelques instants après, à peine
Le temps d'apprendre à vivre
Que le désir nous esquive

Marcher des kilomètres
Y épuiser nos têtes
Ne plus rien se dire
Enfin tout a été dit,
Tout est à redire
Et les flammes réduire
Deviner les oiseaux
S'écorcher, nous roseaux

Il y a les rires des enfants
Au-dehors, tous nos éclats
De voix - et en-dedans, ce poids
L'écho de l'eau, qui roule encore
Et éclabousse les corps
Sommes-nous rafraîchis, ou refroidis
Quand sonne l'heure
De retrouver la route

Les odeurs et le feu
Toujours m'accompagnent
Quand ça me prend
Comme la peur peut nous prendre
Mais là, c'est autre chose, de ces mots là
Comme résonance d'ébats
Qu'aucun d'eux, ne veut
Ni dire ni entendre - sauve qui peut

6 mai, cimaises, punaise, foutaises
6 mai, cimaises, punaise, foutaises
6 mai, cimaises, punaise, foutaises
6 mai, cimaises, punaise, foutaises

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Début feint

13 Mars 2018, 11:00am

Publié par Juliette Melany

Ça commençait par : à la fin tu es las

Tu t’en souviens

Il comptait ceux sur la photo

Qui depuis cette année-là, laquelle était-ce déjà

Etaient morts

Mais les années nous ne les comptions déjà

Plus tant que ça

Sur nos doigts

Plus jeune que ça tu meurs

 

Un autre comptait les erreurs

Et toi dis-moi

Ce que tu comptais

Toi qui disais compter

Toujours, et toi qui disais là-bas

Mais où était-ce déjà

Qui disais j’entends encore ta voix

Qui disais compter sur moi

Et ça t’y crois

 

Ou alors peut-être ne le disais-tu pas

Peut-être que là encore c’est moi

Comme pour les ellipses que tu aimais

Les allusions qui sont encore des secrets

Mais hermétique tu sais je le sais

Personne ne l’est jamais

Autant que moi, aussi bien que moi

Encore je nous y revois

Et elle aussi je la revois

 

Elle déambulait dans des pièces trop vastes

Il y avait cet acteur dont nous n’entendrons plus la voix

Et finalement je me dis que la veille c’était moi

Et quoi que je fasse

Je suis toujours un peu celle-là

Toujours la même, alors pourquoi pas

Ou plutôt pourquoi

Ne pas vouloir rester soi

Non je ne dis pas pourquoi pas toi et moi

 

Ni sois encore à moi

Non rien de tout ça

Puisque nous avons mélangé les sons

Tenté de créer avec de l’ancien

Un corps qui serait nouveau

Mais pas de matière pas de couteau

J’avais déjà baissé les bras

Avant même la garde

Oui je sais encore je te regarde

 

Mais pourquoi dis-moi

Aller jusque là

Avec ou sans toi

Début feint

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Et donc

15 Janvier 2018, 13:31pm

Publié par Juliette Melany

Et donc, tu es partie toi aussi

Qui me dira le nom de ce que tu as emporté

Tu avais souhaité ces mots-là

Si vous m’aimez ne pleurez pas

J’aurais aimé pourtant si tu savais

Comme j’aurais aimé ne pas respecter cet ordre-là

Comment s’incarne ce qui reste

Il n’y a rien pour le dire

Ici je ne suis pas orpheline non plus

Pas encore

Et j’aligne nos lignes

Je les relis, je connaissais tes intonations

Par cœur

Et il me manque tant de pages

Egarées au fil des années

Je retiens ce qui faisait des lumières dans tes yeux

Ce qui faisait s’envoler mes rêves d’enfant

L’éternité dans ta voix aux dernières heures du jour

Et les vieux contes, un beau prétexte

Tu auras bercé trois générations

Tout ce que je peux écrire est bien trop banal

Dire avant trop tard

Sauver les secondes, et nos tempêtes s’en confondent

Non personne ne savait, n’a su

Cette couverture que tant de fois sur moi

Tu as relevée, du propre, du figuré

Ce que je ne t’aurais pas dit, anyway

Non, pas plus en anglais

Et ce poids sur les épaules, le passé à laisser

Nécessaire c’est de l’écume

Et je voulais, je devais, avancer

Evidemment, on ne revient pas en arrière

Evidemment évidemment évidemment

Et moi vide est-ce que je mens

Ou est-ce que je ne fais que ce que je peux

Toi, c’est vrai, tu m’admirais

Toute cette sincérité

Et tout ce qui l’enrobe, nous la dérobe

La vie, ta mort

Tu aurais aimé cette fleur

Cette discrétion

Lambeaux de famille

Toute cette terre

Et l’eau qui rigole

Ta voix

Que je n’entendrai plus

 

Et donc

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21 octobre

23 Novembre 2017, 16:15pm

Publié par Juliette Melany

Croisée des lignes
Se suivre
Accrocher décrocher
Nouer dénouer
Essayer toutes les voies
Rester au milieu
Repartir à l'endroit
Où là-bas
Ici à l'envers
Si j'y suis
Sens
De la marche
Diagonale
Du jour
Essaimer toutes les joie
s

21 octobre

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Ce matin [Alex - III]

26 Octobre 2017, 15:39pm

Publié par Juliette Melany

- D’abord, tu prends le produit de contraste… Attends c’était comment déjà, enfin… Base teinture mère de

- Ok ok, je vois

- Bref, donc, tu sélectionnes deux dates, début-fin, la zone exacte sur laquelle tu souhaites agir

- Du coup, le mec faut qu’il connaisse bien l’anatomie du cerveau

- Non mais maintenant, les machines font tout ça pour eux, y a des propositions que tu peux sélectionner, comme le registre d’acquisition des connaissances premier, second degré, toute la carte des variables affectives, les éléments type accident dans un domaine précis, en limitant aux répercussions physiques, psy

- Ok, et la machine cible ensuite

- Oui, voilà

- Puis tu branches tout, t’appuies sur ERASE, ça veut dire effacer

- Oui, merci, je sais

- Et a priori, le sujet se réveille après une grosse nuit de 24h, et c’est bon

- Mais dans le cas d’un accident par exemple, avec conséquences sous forme d’affection physique, tu n’agis que sur la partie mémoire, n’est-ce pas, celui qui a développé telle pathologie ou handicap il le garde

- Oui ben oui évidemment, mais sur tous nos tests, tu constates que ça suffit à enrayer le processus d’auto…

- Je vois pas comment, du coup, ça se raccroche comment avec le reste, à partir du moment où il manque cette partie de mémoire

- En fait, faut que tu te représentes que c’est infime sur l’étendue totale des éléments qui composent la mémoire, ça ne fait pas comme, l’effet d’un gros trou noir au milieu du reste, juste

- Oui mais le mec il s’explique comment à lui-même une situation dont il lui manque la cause

- En fait, tu as une période de latence, de quelques jours, il faut les faire parler, souvent ils vont créer d’eux-même une explication de toutes pièces, et dans ce cas c’est le mieux car c’est celle qui leur conviendra exactement… Après, si ça ne vient pas, si tu perçois des signes de désespérance quand on approche de cette zone-là, il faut leur proposer, quelque chose, tu commences doucement, avec juste des pistes des ébauches, parfois ça suffit, parfois il y en a il faut que tu leur inventes toute une histoire…

- Et vous êtes sûrs de vous, là

- Je te laisse les rapports, tu vois… T’as : compte-rendus des dix-huit experts sur cinq ans, et bilans des essais cliniques des phases I, II, III, IV, V et VI.


*

Anna, à la table de la cuisine, face au mur. La fenêtre est ouverte dans son dos. Le jour pointe, rose et or, entre les nuages de coton bleu-gris, sur fond de nuit assez vive.
Je la trouve tellement belle.


- Mmmmh c’est pas mal non ? Après de là à être convaincue, j’sais pas, t’es convaincue toi, vraiment ?

- Euh, moi, non, j’en sais rien, en fait.

- Bon évidemment, en tenant compte de son âge, y a de l’idée quand même.

- Oui (et mon regard et ma bouche d’appuyer, mine concentrée)

- Il en a écrit beaucoup comme ça

- J’sais pas

- Ouais tu t’en fous en fait

- Non non c’est pas ça, j’ai un peu mal au ventre

- Ah, oui, c’est à cause d’Alex c’est ça


Je n’aurais même su dire oui, ou non. Pas répondre à ça. Puisque tout est lié.


Ne pas lui dire puérilement, j’effacerais bien des choses moi aussi ; genre ces souvenirs inutiles, là : telle phrase blessante du père ou de la mère, on avait six huit dix douze ans ; la chute idiote le premier mardi du mois de mars vingt ans plus tôt ; l’équation qui se répète inlassablement, des 3 x dont il ne reste plus que 1, à la fin ; et d’autres choses encore, que les mots ne pourraient pas rendre accessibles.


Lui dire plutôt et si on sortait ce soir et si on oubliait l’heure et le rendez-vous de demain, ou alors tant pis on irait sans avoir dormi, peut-être qu’on trouverait ça moins triste ou moins dur, ce ne sont que des soins de rien du tout, ce n’est pas parce que le sang qui a coulé fait un petit paquet tout sec de cheveux, dont l’odeur âcre se dégage quand on les mouille pour démêler tout ça, que c’est grave ; ce n’est pas pour moi ni pour toi que c’est grave alors on ne va pas s’inventer des douleurs plus grandes que nous, juste parce que certaines semaines passent trop lentement ; c’est juste des petits soins, comme un kyste qu’on enlève, bénin. C’est trois étages plus haut que c’est grave, et nous, nous ne sommes pas concernées. Enfin, si, un peu, mais. C’est absurde de tout mélanger.


Et puis ça reste des petits chagrins.


Mais je ne trouve pas le gros. Ou alors ce serait l’accumulation des petites coupures qui feraient cet effet général de malaise.


Alex, oui, évidemment. Et en même temps, c’était prévu, les dates, le départ, le voyage.


Et puis, on savait, je savais.


*


Me lever, aller les retrouver

Leur dire encore que finalement, avoir un ami, une sœur, un frère, un père, une mère, un enfant

Comme elle, toi, lui, eux

C’est le meilleur, le plus important, le plus doux

Que les mots vont finir par couler d’eux-mêmes

Tout bientôt

Et que ce ne sera pas grave

De les avoir dits

Que rien n’est grave avec elle

Et puis si ce n’est pas ce soir

Ce sera demain, ou après-demain

On ira accrocher décrocher accrocher

Quelques lueurs dans les grands arbres

Place machin machine

Comme au cinéma

On mangera des crêpes, et de la glace

Et on s’en fera des ronds sur les joues, les yeux, le front, le cou

Il y aura toujours assez de café, jamais trop

Les matins seront tendres tendres tendres

On ne vivra jamais ensemble toi et moi

Mais c’est comme si

Ils seraient toujours avec moi

Les couloirs ne seraient jamais sombres

Il y aurait toujours une lumière, et pas trop de portes

Peu d’étages aussi, et beaucoup de plantes

Des reflets, des fenêtres grandes ouvertes

Des échos des chansons qui nous font danser

Puisque nous n’aimons pas vraiment les mêmes

Mais qu’elles le deviennent souvent

Et surtout des vagues, plein de vagues

Ton sourire qui fait tic tic tic

Et tchiouf ton rire encore

Et ceux que j’oublie

Dans l’écho des nuits

Qui se repêche toujours l’un l’une l’autre

Les mots durs qui sont aussi

Parce que ce qui nous lie

Et les minutes qui ne sont jamais jamais jamais

Comptées

Nos pas sur le sable, rien d’ancré, d’archivé

Pas de passé toujours le présent

Que ce soient les larmes

Les armes le vacarme

Et qui l’emportent enfin

La lumière, le rouge, la vie qui bat

Ce matin [Alex - III]

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La nuit qui entend, dentelle

20 Octobre 2017, 15:17pm

Publié par Juliette Melany

On marchait dans Paris

il y avait sa main sur ma nuque

Il me parlait de ce peintre, cet ami,

mort, quelques heures plus tôt -

inconsolé indissoluble

indissociable j’aurais voulu être

mais nous sommes insolubles

je crois



Dans le fond d’une flaque

plus tard

j’ai trouvé une évidence

des cœurs évidés

morcelés d’absence

des pas de danse

et des regards avides,

affamés d’amour

mais ce tout-là est trop lourd



On ne devrait jamais commencer

à parler

on devrait toujours en rester



à cette seconde suspendue

avant les mots

puisque toujours survient

celui de trop

qui appelle à sa suite

toutes les chimères

et tous les autres

puisque toujours survient

l’accident

et alors

le sang fait

cœur ventre cœur ventre

mains omoplates ventre ventre

il en oublie d’irriguer

le cerveau

et dans nos visages pâles

se lisent quelques-unes

des plus pures symphonies

désaltérées

d’elles nous serions

reviens-moi ma sœur d’obscurité

il n’y a qu’avec toi

ou presque

et j’y arriverais

et l’amour serait pour toujours

dans la lumière de la lune

La nuit qui entend, dentelle

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Voyage en mer, terre mère

3 Octobre 2017, 23:45pm

Publié par Juliette Melany

Il y a eu l’odeur de lavande
Ici et là, en points d’ancrage
Dans presque tous les virages
Et tous ces petits points
Lumières brûlantes, toutes proches
Et au loin d’autres encore
Il y a eu du gris du bleu
De l’or et de l’orange
Et des écharpes qui virent au rose
Comme sur mes joues sur mon front
Sur nos lèvres si j’ose
Comme ce soulèvement
A l’intérieur, dans ce creux-là
Au lent défilement des jours
Au fil variable mais ininterrompu
De tes tonalités
Qui me rappellent le goût
De nos étreintes

Il y a eu de nouvelles histoires
Celle d’un tigre épris d’elle dont se serait éprise une fée
Sa baguette perdue
Depuis longtemps
Mais ce serait une métaphore
Là où les blés se seraient
Relevés
Révélés
Comme ce que je peux
Dé-couvrir
Ce que tes mains ont

Et puis l’âcreté des cendres
L'inclinaison, lutter, les poings
Les serrer les ouvrir 
Les images suspendues
Quand fleurs et objets
Animés-inanimés
Débordent
Ce qui est infranchissable
Devrait n'être qu'un ruisseau à enjamber
Les prisons familières
La drôle de
Mais la triste surtout
Je reste

Ce que d'autres ont dit avant moi
S'y résoudre

Garder comme un trésor
Chaque petit fil
Accroché à chaque petit pont
Comme quand les mots
Ont toujours de l'eau dans l'écho
Vouloir croire
Et se sentir partir partant partir
Revenir
Croiser une hirondelle
Dire j'aurais voulu aimé su pensé
Mais
Le temps que cela prend, prendrait
Celui que l'on n'a pas, n'a plus

Ce qui résonne encore
Appel ou colère
Mais si le sang s'arrête
De battre
Alors
Enfin dormir
Pouvoir
Entendre

Ce que vous direz, ce qu'ils diront
Mais comment
Revenir sur ses pas
Tout ce qui s'écoule
Est-il liquide
Sur les corps, et en-dehors
Et en-dedans si l'on se

Il y aurait un bouton
Appuyer dessus
Et le disque cesserait de tourner
Celui là où tu sais toujours déraille la chaîne
Du cycle
Sous combien de pierres combien de fourmis
Lire entre les lignes
Mais entre les miennes la peau fait trop de croix
De petits points serrés oh serrés ce que j'ai vu sur la tienne
Ceux-là qui pourrait les ouvrir
Puisque j'en fais toujours un de trop dis un nœud encore
Dans mes cheveux
Il y a eu sa main
Et dans ma tête son poignet
Il y a eu l'odeur du café
Le goût retrouvé
Ce qui redevient noir et blanc au fond du ciel
Ce qui s'agite trop fort au fond du lit
De la rivière

Mais dès le premier jour
On te disait que
Des évidences
Dans le désert on serait toujours un peu plus seul

Les mêmes chansons, en boucle
Les murs que l'on ne repousse pas
Ceux qui portent un poids trop lourd pour eux
Invraisemblable
Pourtant, encore

Se souvenir de la joie
Je serai une étagère
Qui sait se taire
Garder sous ses coudes
Dans ses pages
Y retourner, s’y glisser
Rester dans les parenthèses
Les belles choses

Chercher le chemin qui fait que l'on sort
En sort

Que vient me dire ce rayon
De soleil-là

De ce qui ne fait pas une histoire
Des souvenirs que l'on peut encore
Relâcher
Laisser dériver

Rompre les amarres ?

Tous ces noyés
Le front de mer devant moi
La fille de l’air à côté
Le front ouvert
Tout comme le sol
Sous mes pieds

Voyage en mer, terre mère

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Etroit temps

22 Septembre 2017, 12:25pm

Publié par Juliette Melany

Par moments

 

Un mot ment

 

Ou plutôt

 

Ne dit pas

 

Tout à fait

 

Ce que tu

 

Fais de moi

 

Ce qui tue

 

- Fait pour moi -

 

Si tu fais

 

Fais un pas

 

Ne fais pas

 

Un seul pas

 

Pas de fée

 

Pas à pas

 

Pour un fait

 

Bien plus tôt

 

Ou plus tard

 

Mon tartare

 

Ce désert

 

Ne dessert

 

Plus mes voies

 

Et ta voix

 

Par moments

 

Qui ne ment

Etroit temps

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Inter alia d'été II

30 Août 2017, 18:17pm

Publié par Juliette Melany

Bien sûr je ne te demanderai pas ça

 

Nous écouterons seulement le ressac

 

De la même oreille

 

Si c’était possible

 

 

Evidemment je ne te le dirai pas

 

C’est mieux comme ça, beaucoup mieux comme ça

 

Je le crois

 

Qui me croit

 

 

Je leur en dis déjà si peu

 

Mais la folie

 

Et l’indicible

 

 

Comme chercher la couleur

 

Des voix dans l’obscurité

 

Comme traquer les odeurs

 

Qui ont sur ta peau frappé

 

Comme capter la chaleur

 

De nos corps guettés, l'été

 

 

Et toi dis, ne le dis à personne

Inter alia d'été II

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Inter alia d'été I

30 Août 2017, 18:08pm

Publié par Juliette Melany

Indicible

 

Infragmentable pour en faire des mots

 

Une somme d’éclats de lumière

 

 

Peut-être

 

Fulgurances de la mémoire

 

Pas de récits, d’images, ancrés, peut-être

 

 

Ce qui ne me semblait pas possible

 

Mais faire confiance

Inter alia d'été I

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Château de cartes

6 Juillet 2017, 09:04am

Publié par Juliette Melany

Nous, c’est un château de cartes

Mais évidemment

Mais soufflent les vents

Dans les couloirs du métro

Souffle de l’air sur ma peau

Sous le vent drôle de goût

Une écharpe autour du cou

C’était le jour d’avant

Avant-hier

Regarde si le temps

Peut être amer

Parfois cependant

Parfois se suspend

Comme nos sourires

Soudain sans un rire

Comme tes lèvres à mon oreille

Pourquoi faut-il qu’on se réveille

Que disais-tu déjà

Répète-le pour moi

Vendredi soir

Je crois savoir

Calme, disais-tu

Oh je ne sais plus

Non pas plus aujourd’hui

Que ton souffle la vie

Nous, c’est mon château de cartes

Mais fallait-il que je parte !

C’est un château de sable contre les marées,

C’est un château hanté qui n’est pas redouté,

Château fort assiégé, château d’eau assoiffé,

Un château en ruines, tous remparts effondrés,

Un château de cartes, mais le vent a soufflé…

Un château en Espagne qu’il nous faut gagner…

Un château ici, ailleurs, où veux-tu ?

Un château quelque part, mais où es-tu ?

Château de cartes

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Dimanche 16

21 Mai 2017, 21:31pm

Publié par Juliette Melany

Un peu plus tard ; ils étaient tous partis.
Il était resté le silence. Et moi.
Je n’avais pas mangé. Je ne mangerais pas. Ne mangerais plus ?
L’assiette était trop petite ; il voulait partager, j’avais préféré tout lui laisser.
Quand est-ce qu’il remangerait, lui ?
Lui qui ne mangeait qu’avec moi. Je vais pas te laisser là tu sais.

Plus tard, ma blonde soufflait dans sa paille.
Puis elle répétait après les paroles de la chanson que jouait la radio ; de sa voix d’étincelles, ça faisait venez dans mon hôpital, qui fait peur dans... vos maisons.

J’avais pas supporté. J’étais allée la retrouver. L’entendre me dire oui va le chercher y feront rien de bon pour lui, pour l’aider, tout c’qui font c’est rien qu’à leur filer des médocs, encore et toujours, qui les abrutissent.
Et j’avais pensé Verlaine, dans ses Hôpitaux.

Le problème, c’était cette soif terrible d’être seul, alors qu’à partir d’un certain jour, pour toujours quelqu’un vous manquera. La solitude ne sera plus jamais... idéale.

Comme pour toi Loulou. T’es là aussi, toi, toujours là où je suis. Qui suit qui ?
Tu attends qu’il revienne, l’autre. Et ton cœur cogne diablement.
Tu rajustes sans fin la mèche qui barre ton front et signe ta misère. Mais tu sais que c’est vain.

Pourquoi ne puis-je vivre, pendant tout ce temps où j’attends ?
Pourquoi ne puis-je vivre, si ce n’est ivre ?

L’autre, il parle vite, il veut rire tout le temps, parce que tant qu’on n’est pas noyé, pourquoi pleurer.
Il court tout le temps, il veut aller partout, parce que tant qu’on est vivant, pourquoi s’arrêter.
Mais toi tu ne suis pas ; aller plus vite que ton cerveau, ne peuvent pas, tes pas.

Pourquoi tu l’as laissé partir, Loulou, non je te parle pas de l’autre ; mais de Pierrot, c’est ton frère après tout ?

L’enfant n’avait rien touché, bu de l’eau simplement, beaucoup, au goulot de la bouteille en verre, avidement.
Elle, elle regardait ses ongles, son vernis rouge plus si parfait, complètement écaillé même, murmurait encore je suis violoncelle.
Elle : sa mère ; ma sœur, sœur d’infortune et pour le meilleur.
La plus belle fille blonde aux yeux noirs et à la bouche rouge, tu me disais, la seule peut-être que tu aurais pu aimer, un peu. Mais tout de même, tu n’aimerais jamais de cet amour-là que l’autre, tu le redisais aussi, à chaque fois.

Je pense à lui. Qui ne reviendra pas. Toi qui attends. Si tu m’avais attendue, moi, plutôt. Mais non, moi je ne m’en vais pas ; on ne peut pas m’attendre.
Je pense à tous ceux, qui ne répondent pas.
Et moi qui réponds toujours, à tout le monde. Un jour, il me demande mais pourquoi.
Mais enfin, si on s’adresse à moi ?
Qui que l’on soit ?

J’vais venir te chercher, mec.

Elle lisait Histoire d’O.
J’avais les pieds dans l’eau.
Toi tu étais si beau.
Comme quand tu me tournes le dos.

Et que je conjugue et file, sans bruit, nos rêves à demi.

Elle me dit « Ils veulent tous me baiser, de toute façon c’est toujours la même chose, tu crois qu’y en aurait un pour vouloir autre chose un jour ? Pourquoi les gens ils ne veulent pas rester un peu, se reposer, et aussi de la chaleur, de la tendresse, de la douceur... des fois ? Un truc qui te fait dormir mieux, vraiment... qui fait que tu y arrives en fait, à dormir... sans médicament ni alcool ni rien... »

Et son fils accroupi, regroupé sur lui-même, qui se balance d’avant en arrière.
Elle se lève, ne cherche ni son regard ni son contact. Elle sait déjà tout. Elle s’assoit simplement, par terre, à côté de lui, sans le toucher. Elle s’efforce de respirer calmement, amplement. Personne ne lui a rien dit, elle a tout appris de lui.
Ces deux-là sont une forteresse.

Sa voix est presque inaudible, qui souffle encore je suis prisonnier du ciel.

Je n’essaierai plus d’accrocher ton regard, à toi non plus, je te le promets.

Et toi, comme tu es con, tu lui demandes soudain : (comme tu es con, je n’en reviens pas)
« Tu crois que c’est pour ça qu’il est comme ça ?
« Qu’il est comment ?
« Comme ça.
Elle te regarde avec ses yeux de fauve soudain, étonnée malgré tout. Elle se donne encore de petits coups, à intervalles réguliers, sur l’avant-bras, avec la pointe de son stylo.
« Ton histoire d’avoir des oiseaux dans la tête, là.
« Pour ça, c’est quoi « ça » ?
« Parce qu’il n’a pas de père, que tu n’sais même pas qui c’est ! Qu’ça pourrait être n’importe lequel parmi au moins dix !
Elle écarquille les yeux, son sourire est immense, j’ai juste envie de l’embrasser, tandis qu’elle te détaille de son regard inflexible et amusé. Mais j’ai tout le temps envie de l’embrasser je crois.
« Pfff non mais n’importe quoi ! Ça n’a rien à voir, t’es débile ou quoi ?
Elle te regarde encore, elle hésite à le dire – comme la vague enfle, gonfle, se dresse – et là je sais qu’elle va mâcher ses mots, mais elle va te le dire :
« Et ton frère, c’est quoi son problème alors ? Et toi, pourquoi t’es comme ça, toi ?

J’arrive, tu ne déranges personne arrête de dire ça, au contraire tu vois moi je tourne pas rond du tout quand t’es plus là, allez rentre à la maison, même si ce n’est pas, même pas, une maison, c’est la tienne, c’est la nôtre, et on restera là, encore un peu, là, tous les trois.
Toi Pierrot mon fou qui siffles en regardant ailleurs, toi Loulou qui attend tout le temps en faisant le beau, et moi qui change les meubles de place, oui je sais j’ai laissé les fenêtres ouvertes un peu trop longtemps... mais vous avez froid, vous ?

Comme si elle lisait dans mes pensées, elle dit soudain « rien ne peut rester toujours pareil dans la vie ».
A moins qu’elle ne s’adresse à toi...

Dimanche 16

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Que serais-tu [Alex - II]

11 Mai 2017, 15:11pm

Publié par Juliette Melany

Baiser chantait-il alors toi que savais-tu.
Qu’il y aurait des ombres au tableau mais lesquelles.
La nuit tu mens ce goût son piège le sens-tu.
Tout est un peu plus fort aujourd’hui te dit-elle.

L’inflexion de vos chairs alors s’était tue.
Mais quand renaît sous ta peau le feu l’étincelle.

Qu’as-tu fait, comment s’échapper, où iras-tu.
Pour seule issue en débusquer la joie le sel.
Or de cet arôme les chemins connais-tu.
Quand tu ne sais pas même déployer tes ailes.

Le jour venu amours ou douleurs diras-tu.
Tant elles se confondent que tu en chancelles.

Dis-moi regretter le temps d’avant pourrais-tu.
Celui des chaleurs et dans ta bouche du miel.
Quand pour chaleurs c’est sur toi la fièvre abattue.
Là où fêtes galantes et alcools t’ensorcellent.

Sous la lune tangue ton bateau impromptu.
Quand pour de si doux naufrages tu appareilles.

Que serais-tu [Alex - II]

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Os-saturés

12 Avril 2017, 18:32pm

Publié par Juliette Melany

Tu m'as épinglée
Relève la tête, que tu disais
Que tu disais
Passe passe passera
la dernière la dernière
Restera
ira ira pas
Rira bien qui rira
Mais ce n'sera pas moi
Pas toi
pose ta main tes doigts
Là juste là
Tu m'as osée désossée
Os-saturée dé-coupée
ça faisait rouge jaune rouge bleu
Mais éteins cette lumière
Ne me jette pas la pierre
Les dés déjà en étaient jetés
Avais-tu déjeuné ?
Qu'avais-tu projeté ?
Où irions-nous sinon là-bas
Pas bien plus loin
qu'ici-bas
Tu connaissais le chemin
Et moi j'avançais
Les yeux fermés
Tu m'as dit
Regarde encore
Il est là ils sont là
Tu m'as soudée soudoyée
Tu disais
ils ne nous feront pas payer
jamais jamais jamais
Et tu m'as épinglée
Affichée décrochée
J'avais appris toutes tes couleurs
Par coeur par coeur par coeur
ça faisait boum boum boum
Et j'entends encore le silence
De nos errances de nos erreurs
Tu disais ne bouge pas ne bouge plus
là tu es bien
Ah oui tu crois ?
Mais qui l'eut cru ?
là j'suis pas loin
Ah non tu crois ?
Moi je n'sais plus
Attrape ma main
viens sous mon toit
Relève la tête, que tu disais
Et si pour de vrai
On pouvait sur le bouton appuyer
Et le temps s'arrêterait ?

Os-saturés
Os-saturés

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Une voix [Lorraine]

4 Avril 2017, 20:27pm

Publié par Juliette Melany

Nous marchions d’un pas égal. De temps à autre un crissement venait couvrir les échos de nos souffles, de notre respiration, pleine et vibrante, saturés que nous étions de fièvre, tout à l’excitation suscitée par notre projet fou, notre aventure sans nom.
Les herbes sous la lune étaient fluorescentes, de ce vert qui n’est plus que lumière, la sorcellerie était autour de nous.

Nous avons coupé à la première croisée des chemins, passé le petit pont, accéléré puis ralenti l’allure. Nous ne parlions pas puis nous avons échangé quelques mots. Parfois, le râle ou l’appel d’une bête nous rappelait que nous n’étions pas tout à fait seuls au monde.
Aux abords du lac, les frémissements sont devenus multiples, innombrables. La barque allait et venait imperceptiblement, contre le bois un clapotis furtif laissait imaginer que nous aurions à composer avec quelques ombres, au tableau de nos desseins.

Je me souviens de sa voix qui retombe, résonnant dans l’air comme un cri d’oiseau, claquant mes tempes comme le vent des jours gelés, de mon ventre qui s’est soulevé, est resté suspendu au niveau de mon cœur de longs instants, de mes mains brûlantes soudain : "Mais elle est amoureuse de toi, tu le sais, je veux dire tu le vois bien non. C’est écrit sur sa gueule."

Une voix [Lorraine]

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En chemin

22 Mars 2017, 17:55pm

Publié par Juliette Melany

Vous savez, ceux qui parlent seul, à voix haute, dans la rue ; qui crient parfois. Ceux qui chantent à tue-tête, l’autre dans le bus, là, avec son casque sur les oreilles, qui nous retransmet ce qu’il aime si fort avec toutes ses tripes (c’était Johnny, presque à chaque fois, souvent toute la musique que j’aime, justement).

Des fous, comme on les appelle.

En chemin vers la crèche, avec mon aînée, pour aller chercher sa petite sœur. D’un coup, ça m’a frappée. On attend que le symbole piéton passe au vert, et elle crie "mais, arrêtez !" et fait de grands gestes, à l’adresse de ses chiens imaginaires.

Souvent aussi, elle chante, en sautant d’un pied sur l’autre, en pleine rue.

Elle court, dans tous les sens.

On ne la dit pas folle, elle. C’est juste une enfant ; ça fait sourire la plupart des gens, tendrement même souvent, quand ils la regardent.

Alors qu’est-ce donc, cette folie-là.

Devenir adulte, et entrer dans une certaine normalité, ce serait apprendre à cadenasser en soi, à l’intérieur, dans le silence, un certain nombre d’émotions ; le je(u) ça passe pour les enfants, pour les adultes il doit rester à l’intérieur – ou se limiter, à la rigueur, à certains contextes adaptés.

Pourquoi nous font-ils rire, ces fous ? Pourquoi nous font-ils parfois un peu peur ? A quoi nous renvoient-ils, caché quelque part en chacun de nous ?

*

Sur le chemin du retour, elle court, loin devant nous. La petite main de ma deuxième accrochée à mon index, je marche à petits pas, calée sur son rythme.

Et ma grande court, approche de la route ; et moi je sais qu’elle va s’arrêter, je le sais, je la connais. Il y a une pointe d’inquiétude en moi malgré tout, je me dis, et si prise dans ses rêveries, elle ne prêtait pas attention à ce qui l’entoure, et continuait à courir jusqu’au milieu des voitures ? Ou si une voiture quittait sa trajectoire ?

Je l’appelle, lui rappelle de nous attendre, lui dis que ça me fait un peu peur.

Elle s’arrête devant le passage piéton. Se retourne et me dit "je sais, maman ! je vous attends à la route !".

Nous traversons et elle repart précipitamment, nous attend au prochain passage. Je la vois au loin, qui se dandine à côté du feu tricolore, et les voitures ralentir, les conducteurs hésiter, visiblement surpris de voir une enfant seule, qui semble prête à traverser ; elle n’a que quatre ans après tout, on lui en donnerait peut-être cinq mais tout de même.

Je l’appelle, pour qu’elle se tourne dans ma direction, que les gens comprennent que non, elle n’est pas toute seule dans la rue. Et elle me crie "je sais, maman ! je n’ai pas peur ! je vous attends !".

Nous traversons une nouvelle fois, et elle repart de plus belle en  criant "je vous attends pour traverser !" et là il y a un angle, je ne la vois plus ; au rythme où avance ma petite, je vais passer plus d’une minute sans la voir. Alors, si un conducteur perdait le contrôle de son véhicule, que je puisse la voir n’y changerait rien. Mais si quelqu’un de mal intentionné passait à sa hauteur, que je ne puisse ni la voir, ni être vue, change quelque chose. Je lui crie "non, attends-nous ! je veux te voir !", et elle, revient sur ses pas et répète "mais je n’ai pas peur !".

C’est si frappant. Est-ce que je ne trouve pas cela formidable, en vérité, qu’elle n’ait pas peur, est-ce que vraiment, j’ai envie de lui apprendre à avoir peur... Elle sait déjà combien elle est vulnérable en face d’une voiture, elle connaît ce risque, elle sait comment l’éviter. Alors je lui dis simplement "je sais, c’est moi qui ai un peu peur, tu sais".

Et je presse un peu le pas, oblige ma cadette à accélérer un peu, pendant la minute et demie, qui me paraît en durer dix, où mon aînée est hors de mon champ de vision.

Ensuite, elle continue de gambader gaiement, vingt mètres, trente mètres devant nous ; heureuse, car elle connaît le chemin, elle sait qu’en tant que piétonne elle doit avancer sur le trottoir, elle sait où s’arrêter, où m’attendre pour traverser, elle saurait vraisemblablement même traverser seule ; elle est dans son monde, dans ses pensées, dans ses histoires, et tout à la fois au monde, consciente quand il le faut de l’environnement extérieur, il me faut lui faire confiance ; oui elle est, heureuse, elle n’a "pas peur, maman".

En chemin
En chemin

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Fix you [Alex - I]

8 Mars 2017, 23:41pm

Publié par Juliette Melany

Ce que tu n’avais pas imaginé, c’est combien cet amour-là pourrait te paralyser, te changer en statue, sel brûlant, écorce douloureuse, surface étale du buste au-dessus de remous bouillonnants, carapace de métal, souffle coupé court au passage dans l’atmosphère extérieure, regard fixe voilant les agitations démesurées de ton cerveau sous emprise, monstre de pierre, animal immobile, singe en hiver, cœur de feu dans corps de glace.

Que tout deviendrait si difficile ; fermer les yeux chaque soir, les ouvrir chaque matin, mettre un pied devant l’autre, répondre à une question.

Comment l’aurais-tu imaginé, tout était prétendument si simple et si léger, comment aurais-tu soupçonné l’étendue d’un geste, un geste de rien, quelques mots, un sourire ou deux, l’ébauche d’une caresse… mais nous serions-nous seulement touchés ?

Comment aurais-tu supposé que le flot d’énergie dans tes veines, la décharge de bien-être le long des parois givrées de ta petite tête de bestiole affamée, l’appétit démesuré sous chacun des soubresauts pulsatiles de ta peau, dans chaque influx nerveux dictant tes mouvements, soudain si amples, si heureux, si vivants… se changeraient en leur exact opposé ?

Certains se donnent à un dieu, d’autres se damnent pour une drogue, certains retaillent un peu en eux-mêmes pour une paire de beaux yeux, deux jambes agiles, la chaleur éphémère de deux bras… qui seraient aimants ; tous nous traquons l’amour, l’onde nécessaire à nos cœurs assoiffés ; mais que fait le corps, que ressent le cœur, que susurre le ventre, que dicte le cerveau, que rêve l'esprit ? Et lequel trompe lequel ?

Fix you [Alex - I]

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Si mais si seulement

6 Février 2017, 22:02pm

Publié par Juliette Melany

Si je n'oubliais plus aucun geste aucun mot
Ni le plus doux le plus ténu ni le moins beau
De nos souffles les plus fous retenant l'écho
Je ne me noierais plus dans une goutte d'eau

Là glisse entre mes doigts
Le lien qui entre toi
Et moi s'inscrit tout bas
Et s'effacent nos pas

Ah ne pas écouter les violons du soir
Qui dans l'obscurité font vaciller l'espoir
Or troublé titubant mais brillant comme un phare
Encor laisser pourtant se sonder les regards
S'attendre les plaisirs s'entendre les départs
Fondre pour un soupir au moment de s'y croire

Là glisse entre mes doigts
Le lien qui entre toi
Et moi s'inscrit tout bas
Et s'effacent nos pas

Et freiner juste avant les virages qui brûlent
Reconnaître les vents jouant le crépuscule
Ouvrir les fenêtres et faire éclater les bulles
Dans les reflets entrer sous nos peaux molécules

Là glisse entre mes doigts
Le lien qui entre toi
Et moi s'inscrit tout bas
Et s'effacent nos pas

Si mais si seulement

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Dé-corps

28 Janvier 2017, 21:46pm

Publié par Juliette Melany

Ce serait simplement des corps
Les mien sien tien qui nous retient
Ce serait changer de décor
Dans quel sens qu'est-ce qui nous tient

Ce serait conjuguer les torts
Revenir à dire mais rien
Tiens prends ces mains si tu les tords
Reviens-nous comme si de rien

Ce serait parler du printemps
Du poids de sa peau sur la tienne
Des points qu'après l'été partant
Ses plaies ont marqués sur les tiennes

Ce serait retourner avant
Que les chimères ne s'en viennent
La sphère dont viennent les vents
Faisant qu'alors il t'en souvienne

 

Dé-corps

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(En)quête

13 Janvier 2017, 23:34pm

Publié par Juliette Melany

J’ai ouvert cette boîte à chaussures, depuis le temps que je n’arrivais pas à le faire, puisque là maintenant, j’avais une raison de le faire, c’était tout de suite, c’était maintenant, c’était maintenant qu’il venait de mourir.
Il fallait que je cherche.
De toute façon j’avais perdu le sommeil à nouveau, impossible de faire s’arrêter les turbines sous la peau de mon front, de plus en plus crispée, à chaque fois, au fur et à mesure que s’égrènent les heures, et les tourments. Oh et puis quand je le retrouve, ce n’est pas mieux, je ne ferais plus que ça alors, dormir tout le temps. Tant qu’à faire, je préfère tenter d’étirer le temps.
Et je me suis resservi un verre.
Il fallait que je cherche, c’était impérieux, une trace de quelque chose, que je mène une enquête, pour comprendre, être sûre que vraiment il n’y avait rien à regretter ; savoir comment, pourquoi, comment il était possible que je n’aie à ce point pas de deuil à faire.
Il y a un peu moins de quatre ans, quand c’était son grand-père à lui, ça m’avait plus fait quelque chose. Ou plutôt ça m’avait plus attristée. Normal, quoi. Là ça me faisait quelque chose, mais pas de la tristesse. Comme une importante perturbation, s’il fallait vraiment trouver une formulation.
Dans le fond je sais bien pourquoi. Il n’y avait pas de lien, pas de relation, qu’aurais-je bien pu pleurer ?
Mais tout de même, c’était le père de mon père.
Et j’ai grandi dans un environnement qui a imprimé en moi que c’est important, ce lien-là de parenté, que je ne devrais pas pouvoir y être indifférente aujourd’hui.
J’ai cherché, et je n’ai pas trouvé. Rien de plus que ce que je savais déjà ; trois fois rien, les cartes d’anniversaire, chaque année, toujours la même rengaine. Et puis ces deux ou trois lettres, qui demandaient tout de même, tentaient de faire surgir l’étincelle de l’échange.
Bien sûr, elles sont émouvantes, maladroites, et donc encore plus émouvantes. Les lettres, les mots écrits, ça fait toujours ça, ça remue à l’intérieur, à cause du message, universel ; l’amour, la joie, le chagrin...
On se dit « j’aurais reçu une lettre comme ça, moi ça m’aurait fait quelque chose, j’aurais répondu, ça aurait changé la donne » ; et en vrai ça m’avait fait quelque chose, j’avais répondu, tenté de poursuivre le dialogue, j’y étais allée même.
Mais quand les sentiments n’y sont pas, qu’ils n’existent pas, que la relation n’existe pas, on ne l’invente pas. Les mots écrits, ce ne sont que des mots.
Je l’ai expérimenté à maintes reprises, dans les deux sens. Les lettres d’amour ou de détresse, ça fait monter les larmes ou se tordre le ventre de ceux qui les lisent, mais ça ne fait pas naître un vrai amour ni une vraie détresse, dans le cœur de celui qui ne les ressent pas.
C’est tout, c’est comme ça. Je n’y étais pour rien.
Évidemment, je suis tombée sur autre chose, dans cette boîte à chaussures. Sur ce que je tenais à distance depuis tout ce temps. Sur des témoins de vrais sentiments pour le coup. Paf paf ça faisait caisse de résonance, il y a tant de lettres que je n’ai même pas rouvertes, la mention de l’expéditeur au dos de l’enveloppe, ou juste l’écriture qui avait tracé mon nom, et l’adresse, celle-ci, ou celle-là ! c’était suffisant déjà, pour faire remonter les souvenirs par bourrasques.
Je me suis rendu compte aussi, que l’on s’écrivait, à quel point l’on s’écrivait, oh comme on s’écrivait oui, des lettres, des cartes, tout ce papier, il n’y a pas si longtemps que ça, mais j’avais oublié. La famille, des amis, des amours, des rencontres, en vacances, en voyage, on ne s’était parfois échangé qu’une lettre, et parfois on avait correspondu des mois, des années durant, des personnes si proches, et d’autres connues si peu de temps étrangement, c’était fou, tous ces courriers, aujourd’hui se donne-t-on encore son adresse quand on se rencontre ou quand on se quitte, pour un temps, quelques temps, plus longtemps ?

(En)quête

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